LE CHAT DU RABBIN-Tolérance-

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Alger, années 1920. Le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le rabbin veut l'éloigner. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d'elle... même à faire sa bar mitsva ! Le rabbin devra enseigner à son chat les rudiments de loi mosaïque ! Une lettre apprend au rabbin que pour garder son poste, il doit se soumettre à une dictée en français. Pour l'aider, son chat commet le sacrilège d'invoquer l'Eternel. Le rabbin réussit mais le chat ne parle plus. On le traite de nouveau comme un animal ordinaire. Son seul ami sera bientôt un peintre russe en quête d'une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs. Il parvient à convaincre le rabbin, un ancien soldat du Tsar, un chanteur et le chat de faire avec lui la route coloniale...

Voici un conte humaniste, teinté de philosophie certes mais très accessible, lisible par tous publics.
Sous la forme d'une bande-dessinée à la fois d'une simplicité et d'une richesses puissantes (dès les premières images on est baignés par cette lumière naturelle des rues d'Alger, on est enivrés des parfums et des ambiances du pays), style encre de chine, aux couleurs chatoyantes et pleines de vie, le tout d'un graphisme léger et poétique,  avec une limpidité et un déroulant subtilement
amené, avec aussi des aspects drôles et satiriques à souhait, le réalisateur-dessinateur fait passer plus facilement des messages de tolérance, de respect, d'ouverture et d'amour, à travers ces différentes religions et leur interaction souvent difficile avec la réalité, dénonçant leurs idioties intégriste et racistes, sans toutefois convaincre sur la durée, faute à un rythme souvent tronqué par un manque de lien entre les séquences, et donc de vrai scénario, ceci étant dû sans doute au fait qu'on a fait un mélange de plusieurs albums.La deuxième partie, le voyage initiatique en Afrique, dénonçant les dérives de la colonisation, malgré de belles séquences, intéressant par son fonds, est à cet égard assez décevant de par sa forme.
Le gros atout du film c'est ses dialogues, magnifiquement mis en bouche par des comédiens comme François Morel (le chat) ou Maurice Benichou (le Rabbin).
Le personnage du chat, lui, est très attachant, aussi truculent à souhait, graphiquement original (lors du générique, en ombre on dirait plus un kangourou qu'un chat!) et très réussi, lui qui est le lien entre le Juif et l'Arabe et aussi l'observateur souvent cynique de tout ce monde, apportant son sens de la critique et une certaine espièglerie réjouissantes, une cruauté aussi,  une philosophie délicieusement
détachée, et ses paroles sont souvent d'une drôlerie épatante!
On retiendra aussi la courte mais marquante séquence avec Tintin et Milou
en Afrique, référence à la polémique d'Hergé taxé de racisme (Tintin décrit comme un véritable abruti raciste, doublé par le belgissime François Damiens et sa voix si caractéristique, déjà culte!).
Au final on aime bien le côté libertaire et didactique, sans être trop
démonstratif, du propos, renvoyant les religions dos-à-dos, on loue la splendeur visuelle de certaines séquences animées, dommage que le film doive plus à ses dialogues qu'à son suivi de l' animation.

MA NOTE: 13/20

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