LA CONQUETE-L'ivresse du pouvoir-

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Florence Pernel & Denis Podalydès. Emilie de la Hosseraye / Mandarin Cinema - Gaumont 2011

6 mai 2007, second tour de l'élection présidentielle. Alors que les Français s’apprêtent à élire leur nouveau Président, Nicolas Sarkozy, sûr de sa victoire, reste cloîtré chez lui, en peignoir, sombre et abattu. Toute la journée, il cherche à joindre Cécilia qui le fuit. Les cinq années qui viennent de s'écouler défilent: elles racontent l'irrésistible ascension de Sarkozy, semée de coups tordus, de coups de gueule et d'affrontements en coulisse. La conquête : L'histoire d'un homme qui gagne le pouvoir et perd sa femme.


Assurément on attendait, avec une certaine curiosité, ce film, portrait de l'ascension et de l'accession au pouvoir de notre président en exercice.
Plus que la chronologie elle-même c'est le côté "comédie du pouvoir" qui est ici mis en lumière, à travers les jeux de ping-pong, les coups bas, les combines, les magouilles, les échanges entre les différents protagonistes, entre ceux qui tournent autour du prétendant au trône, et c'est plus une affaire humaine que de politique au final, surtout qu'en parallèle se déroule la rupture personnelle intime.
Et c'est plus cet aspect là qu'on retiendra, et son interaction avec la partie publique, grâce surtout au talent des deux acteurs principaux, Denis Podalydes excellent en réincarnation de Nicolas Sarkozy, ne cherchant pas spécialement à l'imiter, l'acteur déployant tout son propre talent au devant de l'imitation, développant un personnage complexe, à la fois volontaire et tourmenté, et la convaincante Florence Pernel, touchante en femme influente mais mal comprise, mise sur la touche et récupérée par intérêt, puis fatiguée par l'esprit de conquête de son mari.
La première scène où l'on voit un Sarkozy au visage inquiet, faisant tourner nerveusement une alliance dans sa main, le matin de l'élection, annonce la couleur.Tout va se jouer ce jour, jour du mariage avec la France.
Et dommage alors que les Villepin et Chirac en soient réduits à des presque-guignols, que l'ensemble des tractations ne soit pas toujours spécialement intéressant, malgré des dialogues souvent truculents à souhait et un rythme sympa.
Pourtant le côté comédie à l'italienne développé parfois, amorcé aussi avec la musique, était intéressant à poursuivre, avec ce côté cirque médiatique de la politique actuelle.
Ce genre de film ayant évidemment ses limites, navigant forcément trop parfois dans le pseudo-docu, on en ressort un peu déçu.



MA NOTE: 11/20


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