DERRIERE LES MURS-Une femme sous influence-

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Auvergne, 1922. Suzanne, jeune romancière, décide de s’isoler à la campagne pour écrire son nouveau livre. Mais peu à peu des visions et des cauchemars font leur apparition tandis que de mystérieuses disparitions de petites filles sèment le trouble dans le village...

Vu en avant-première hier soir au cinéma MK2 Bibliothèque, en présence des deux co-réalisateurs, Pascal Sid et Julien Lacombe,  et de deux de ses acteurs principaux, Laetitia Casta et Jacques Bonnaffé, ce film de genre, thriller fantastique, était annoncé comme la première fiction française tournée en 3D, une curiosité qui est vite retombée comme un soufflet, à l'image du film lui-même assez décevant.
Commençons par cette fameuse 3D, qu'au demeurant je n'apprécie guère, dès les premières minutes on voit l'héroïne arriver dans ce village, elle semble détachée des autres, flotter au milieu de ce nouveau monde comme une étrangère, étrange impression! puis on s'habitue à la 3D, on l'oublie, mais surtout à la fin on se demande vraiment ce qu'elle est censée apporter à la mise en scène, mis à part les scènes où les personnages sont immergés au milieu de la nature!et surtout dans les rares scènes fantastiques ou censées nous angoisser, elle est sans saveur.
Dans la présentation d'avant-film les deux co-réalisateurs ont insisté sur le fait qu'ils se sont inspirés de nombreuses références à la fois littéraires (Poe, Maupassant) et cinématographiques (Kubrick, Polanski...), et c'est vrai que çà se sent tout au long de l'histoire mais le problème est surtout qu'ils n'ont pas su, semble-t-il, apporter leur propre patte à cette histoire déjà vue maintes fois, pas originale pour un sou et surtout qui ne nous effraie que rarement, malgré une atmosphère bien rendue par une musique bien adaptée, avec cette étrangère,  que la mort de sa jeune fille a ébranlée psychologiquement, qui se retrouve dans une vieille maison qu'elle va rendre elle-même étrange et menaçante, cette femme dont la raison vacille et à la personnalité trouble, dont on se met à douter, est-elle folle ou même violente voir meurtrière, Laetitia Casta est plutôt bien dans ce rôle pas facile qu'elle incarne de bout en bout du film, avec une froideur étrange et fascinante parfois, et Jacques Bonnaffé lui compose un personnage de terrien bourru assez délicieusement ambigü, personnage lui aussi pas assez élaboré, alors que le sympathique Thierry Neuvic est ici sous-employé, et dommage que le scénario ne suive pas vraiment, ce qui fait qu'on se détache trop par moments de la folie de la jeune femme, n'étant pas assez pris par l'intrigue mollassonne, surtout que les nombreuses séquences où elle inspecte, allumée à la lampe à pétrole, les pièces de cette maison, comme ce souterrain où elle trouve l'inspiration mais aussi où la folie la guette,  ne nous réservent que de trop rares moments d'angoisse ou ne nous apporte que peu de vraies révélations.
Et la fin est un peu bâclée, alors qu'on attendait au moins un renversement surprise pour revigorer l'ensemble.Un drame humain matiné de fantastique et de thriller qui aurait gagné à être moins appliqué et plus inventif, moins scolaire, et surtout mieux rythmé pour nous permettre d'être mieux cerné par son atmosphère.Un film en 3D mais sans grand relief!



MA NOTE: 10/20





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