DRIVE-L'ange exterminateur-

Publié le par BIBI07

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Un jeune homme solitaire, "The Driver", conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant - et au volant, il est le meilleur !
Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet.
C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul.
Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal…
Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

Ce film n'est sans doute  pas le chef d'oeuvre annoncé ici ou là, à cause d'un scénario un peu mince, pêchant sans doute d'avoir un fonds un peu trop léger, mais dans sa forme il faut reconnaitre que l'adhésion est totale, il nous emporte totalement, grâce à une atmosphère léchée et épurée, pourtant très crépusculaire, mais qui nous hypnotise, à l'image de la bande-son électro-pop sublime et enivrante, un mélange de douceur lancinante et de violence terrible que l'on retrouve dans ce personnage de samourai , renfermé et solitaire, silencieux, sorte d'ange exterminateur.
Ryan Gosling, acteur très en vogue en ce moment, récemment aux côtés de Steve Carell en tombeur, prochainement aux côtés de Clooney, ici vêtu d'un blouson orné d'un scorpion, impose sans sourciller, presque sans aucun effet, avec un jeu presque minimaliste, mais surtout un charisme évident, une mélancolie funèbre et une lancinante solitude, un mutisme à peine brisé à de rares moments par un sourire il faut le dire épatant, un personnage entre le Samourai de Melville et le cow-boy solitaire à la Clint Eastwood, et surtout la mise en scène, mêlant ralentis et lumière chaude, est d'une élégance à la fois chaleureuse et glaciale, comme pour mieux nous envelopper de sa douce violence, et ici même les silences ont une troublante résonance.
Et si le film nous délivre, vers la fin, des scènes d'une violence froide limite insoutenable, révélant la partie sombre qui sommeille dans cette tête d'ange de la nuit, protecteur avec ceux qu'il aime ou plutôt tente d'aimer, sans pitié avec ses ennemis, le réalisateur amorce aussi avec une belle puissance visuelle une mélancolique et impossible histoire d'amour entre deux animaux blessés par la vie, avec la douce et belle Carey Mulligan, certes un scénario qui peut paraitre finalement assez banal mais sublimé par une mise en scène magistralement envoûtante, à l'esthétisme raffiné, plus le charisme d'un acteur qui s'impose vraiment, à l'arrivée un polar noir, hypnotique, intense et fascinant, tendu et violent, qui nous hante!

RYAN GOSLING

TRESBIENMA NOTE: 15/20

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Jérémy 01/11/2011 15:28


Au-delà de son scénario limité, j'ai trouvé la mise en scène d'une maitrise et d'une esthétique incroyables.