LES FEMMES DU 6E ETAGE-L'auberge espagnole-

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Fabrice Luchini & Natalia Verbeke. SND

Paris, années 60. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille « coincé », découvre qu’une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit... au sixième étage de son immeuble bourgeois.
Maria, la jeune femme qui travaille sous son toit, lui fait découvrir un univers exubérant et folklorique à l’opposé des manières et de l’austérité de son milieu. Touché par ces femmes pleines de vie, il se laisse aller et goûte avec émotion aux plaisirs simples pour la première fois. Mais peut-on vraiment changer de vie à 45 ans ?

Voilà un bon film français comme on les aime, une comédie un peu amère parfois avec un côté social (l'immigration des espagnols de Franco, plus la peinture d'une bourgeoisie aujourd'hui dépassée, opposition de classes), mais surtout le tout dépeint avec beaucoup de fraîcheur, de tendresse, de légèreté, de délicatesse aussi car pétrie d'humanité, et toujours élégamment et finement écrit.
Fabrice Luchini, à nouveau grand bourgeois, après Potiche et les années 70 le voici en 1962, avec ce côté rétro qui apporte beaucoup de charme au récit, l'acteur est une nouvelle fois épatant de justesse, d'élégance et toujours délicieux dans son jeu, amenant aussi sa folie naturelle et ici discrètement soulignée,  mais ne tirant pas la couverture à soi, même si c'est son personnage qui va évoluer au sein de cette communauté espagnole, lui qui va enfin trouver une certaine liberté, après des années de conformisme et de rigidité,  "j'ai enfin ma chambre à moi!" s'extasie-t-il, se lâchant enfin.
Dans le rôle de son épouse Sandrine Kiberlain est aussi formidable, même si plus en retrait.
Et finalement ce sont ces actrices espagnoles qui sont tout le sel de l'histoire, elles sont toutes formidables de drôlerie, de joie de vivre, ayant toutes un caractère affirmé, une générosité contagieuse,  on ne les citera pas toutes, mais il le faudrait pourtant, toutes malicieuses et délicieuses aussi à l'image de la jeune
Natalia Verbeke dans le rôle de Maria, d'une beauté solaire époustouflante (on comprend Mr Joubert qu'elle va faire chavirer!), une vraie révélation cette actrice!, elle illumine de sa grâce aérienne et de sa douceur le récit, le réalisateur la filme amoureusement, et toutes les autres sont à la fois pittoresques et émouvantes, avec Carmen Maura toujours parfaite,  un vrai bonheur,  et  de plus elles dégagent un optimisme qui réchauffe le coeur.
Un petit film très attachant, qui nous embrase de sa tendre humanité, fine comédie de moeurs satirique qui fait passer l'individu avant la condition, qui nous fait rire aussi beaucoup, bref nous enchante constamment, bercé par le son des guitares ibériques! on en ressort tout guilleret!Vraiment du bon plaisir à savourer, comme une bonne paella, dans cette accueillante auberge espagnole!

MA NOTE: 14/20



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