LE GAMIN AU VELO-Le fils perdu-

Publié le



Cyril, bientôt 12 ans, n'a qu'une idée en tête : retrouver son père qui l'a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l'accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril ne voit pas encore l'amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère ...

Le nouveau Dardenne, une fois de plus récompensé au dernier festival de Cannes, Grand Prix du jury, s'impose par son style une nouvelle fois épuré, réaliste, sans fioritures ni effets de mise en scène, pour au final mieux nous émouvoir de bout en bout.

Limpide, filmé avec simplicité et sobriété, voici une petite histoire humaine presque malheureusement banale, mais qui frappe et bouleverse par sa pudeur.
A nouveau c'est, comme dans leur cinéma habituel, une histoire socialement dure, cet enfant que son père ne veut plus voir et qui tente de se refaire une famille, mais qui a le mérite de se dérouler sous nos yeux avec douceur et surtout pour une fois avec beaucoup de lumière, le tout étant filmé l'été, mettant beaucoup d'espoir en l'avenir de ce petit homme à qui la vie ne fait pas de cadeau au départ, une histoire qui se terminera, après un épisode tragique,  avec beaucoup d'espoir, une fin très réussie, magnifique de mise en scène, simple et efficace.
Son vélo est pour lui un véritable compagnon de survie, il symbolise pour lui l'amour et la liberté après lesquelles
il court sans cesse, comme un but a atteindre,  tout en devant éviter les pièges des mauvaises rencontres.
Le jeune Thomas Doret, en enfant rebelle, têtu, et enragé d'être
abandonné par son père, déjà douloureusement marqué par la vie, violent par manque d'amour, est formidable de présence et de justesse, d'un naturel épatant, puissant d'intériorité aussi, d'une maturité étonnante, plus la présence d'une Cécile de France lumineuse et sobrement juste, tout en douceur en mère de substitution improvisée, adoptant presque instinctivement cet enfant, n'écoutant que son coeur et sa générosité, incarnant l'espérance pour cet enfant, l'avenir peut-être à présent radieux, tout à l'image de ce film sensible, humain et qui révèle, par delà son constat terrifiant, sa tragédie pure et sèche, et simplement balayée par de rares touches musicales, brutale,  aussi et surtout beaucoup de tendresse et d'amour.
Encore une belle leçon d'humanité des frères Dardenne.


                                                                            

MA NOTE: 14/20

Publié dans Vu en salle-DRAME-

Commenter cet article