L'AIGLE DE LA NEUVIEME LEGION-L'honneur perdu-

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En 140 après J.-C., l’Empire romain s’étend jusqu’à l’actuelle Angleterre. Marcus Aquila, un jeune centurion, est bien décidé à restaurer l’honneur de son père, disparu mystérieusement vingt ans plus tôt avec la Neuvième Légion qu’il commandait dans le nord de l’île. On ne retrouva rien, ni des 5000 hommes, ni de leur emblème, un Aigle d’or.
Après ce drame, l’empereur Hadrien ordonna la construction d’un mur pour séparer le nord, aux mains de tribus insoumises, du reste du territoire. Pour les Romains, le mur d’Hadrien devint une frontière, l’extrême limite du monde connu.
Apprenant par une rumeur que l’Aigle d’or aurait été vu dans un temple tribal des terres du nord, Marcus décide de s’y rendre avec Esca, son esclave. Mais au-delà du mur d’Hadrien, dans les contrées inconnues et sauvages, difficile de savoir qui est à la merci de l’autre, et de révélations en découvertes, Marcus va devoir affronter les plus redoutables dangers pour avoir une chance de trouver la vérité...

Au vu de l'affiche de ce film, on pouvait s'attendre à un péplum classique avec ses codes d'honneur, ses combats héroïques, à l'arrivée on a plus une sorte de western antique, une espèce de nouvelle chevauchée fantastique car, même si on reste dans l'esprit peplum dans le fonds,  dans la forme cette quête d'un aigle, symbole d'un honneur perdu à reconquérir, expédition vers un monde sauvage,  prend aussi des allures de réflexion sur les rapports de classe, de force et de domination, à travers cette relation, très ambigüe, tant physiquement que moralement, entre le maître-centurion et son esclave, relation qui devra, pour les besoins du récit, s'inverser pour mieux nous troubler.
Ce sera pour les deux hommes une quête initiatique qui les marquera et les soudera pour la vie.
Côté mise en scène le réalisateur fait preuve d'un réalisme saisissant en délivrant à travers les scènes de combat des explosions de chair et de sang particulièrement saisissantes, révélant ainsi la brutalité d'une époque.
Traitement assez déroutant donc mais qui nous délivre finalement une inattendue mais passionnante aventure humaine, plombée malheureusement par quelques lenteurs.
Et puis, pour une fois dans ce film d'aventures finalement très intimiste,  il y a les comédiens qui ont vraiment leur place: si
Channing Tatum est crédible en centurion, physiquement fort et suffisamment charismatique, d'une bravoure exemplaire et héroïque,  l'acteur, malgré une inexpressivité apparente qu'il arrive à faire oublier,  se fait voler la vedette par son second, l'esclave rebelle, interprété par un acteur qu'on a toujours plaisir à retrouver, l'intense Jamie Bell, l'inoubliable "Billy Eliott" qui nous avait enchanté et ému aux larmes, revu notamment dans l'excellent "My name is Hallam Foe", car même s'il n'a pas la plastique de son co-équipier, dès sa  première apparition en esclave "brigante" refusant de combattre,  il nous trouble autant qu'il trouble le centurion et va confirmer tout au long du récit cette intensité palpable, un vrai talent.
Plus la présence -inattendue- de Tahar Rahim, le "prophète" d'Audiard qu'on retrouve ici en sorte de prince sauvage, méchant et sanguinaire, méconnaissable, peinturluré d'argile et chauve, assez réjouissant comme rôle!
Une histoire d'amitié forte sur fonds de violence barbare, balayée par une musique celtique ensorcelante qui enveloppe à merveille les contrées parcourues, récit historique qui peut troubler par sa forme, valsant entre film d'aventures et relation psychologique,  mais qui a le mérite de dépeindre de vrais personnages à l'intérieur d'une épopée engagée pour l'honneur de Rome, une aventure inédite qui affiche clairement son intention, louable de se démarquer des traditionnels péplums en dépoussiérant le genre avec réussite .

MA NOTE: 13/20



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