JE N'AI RIEN OUBLIE-Secret de famille-

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Niels Arestrup & Gérard Depardieu. Studio 37 / Rezo Films

Depuis des années, Conrad Lang vit aux crochets de la riche famille Senn. D’abord camarade d’enfance de Thomas, puis gardien de leur maison de vacances à Biarritz, ils l’utilisent comme bon leur semble et lui s’en satisfait.
Mais lorsque son état de santé se dégrade, lorsqu’il se met à raconter à Simone, jeune épouse de l’héritier Senn, des souvenirs d’enfance qui ne collent pas tout à fait à l’histoire officielle de la famille, Elvira, la matriarche, se montre étrangement menacée. Comme si ce vieux fou inoffensif portait en lui les moyens de la détruire.
C’est alors qu’entre Conrad et Simone va naître une amitié étrange, amenant la jeune femme à faire face, pour lui, à une Elvira bien plus dangereuse qu’il n’y paraît.

Drame psychologique, thriller intimiste sur fond de secret de famille, dans la haute bourgeoisie, avec mensonges et cruauté à la Chabrol, mais en plus light, voici un film particulièrement attachant.
Les différents personnages tournent autour de Conrad,  "celui par qui le scandale arrive" ou menace d'arriver, cet homme qui peu à peu perd sa mémoire immédiate et expulse violemment aux yeux des autres des tiroirs à secrets enfouis jusque là.
Film classique par sa forme et sa construction, il passionne constamment grâce à son ambiance tantôt légère, tantôt mystérieuse, mais toujours élégante et délicatement amenée.
Alors même si ce fameux secret on le voit arriver "gros comme une maison", le cheminement et le caractère exposé des différents protagonistes sont délicieusement et habilement tracés, grâce surtout à un casting en or, des comédiens tous épatants qui nous régalent sans forcer.
 Gérard Depardieu est une nouvelle fois magistral en vieil ami de la famille, dont il est plus proche qu'on ne le croit, touchant et grâcieux, tendre et bouleversant, toujours à la limite du pathos, mais n'y versant jamais, apportant toute sa poésie et sa délicatesse au rôle, de plus en plus doux et léger à mesure qu'il s'en va dans la maladie, comme retombant en enfance, autour de lui gravitent Françoise Fabian, sorte de cruella de la bourgeoisie, l'actrice apporte son élégance froide et sa justesse de jeu, sa grande classe et sa prestance toujours intacte, elle est impériale de cruauté en matriarche inflexible, Niels Arestrup apporte tout son talent et son charisme de plus en plus fort de film en film, sans oublier, pour de courtes mais fortes scènes, Nathalie Baye, toute en douceur nostalgique, et surtout Alexandra Maria Lara, parfaite en enquêtrice révélatrice et femme trompée.Citons aussi Yannick Rénier en mari infidèle et une courte mais belle scène pour la trop rare mais toujours magnifique Pascale Arbillot.
Un prenant film d'atmosphère, une chronique familiale menée à merveille par des comédiens au diapason et qui, sans être originale, nous envoûte  et nous séduit, par sa force d'émotion et ses instants de grâce, ses beaux moments de complicité et de poésie simple, bref de la belle ouvrage, avec un bel écrin du cinéma français.



MA NOTE: 14/20


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