PHILIBERT-Le capitan-

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Jérémie Renier et Alexandre Astier. Gaumont Distribution

Royaume de France, 1550, en Bretagne.
Philibert, robuste gaillard d’une vingtaine d’années, fils aîné d’un cultivateur d’artichauts, se démarque des autres garçons du village. Idéaliste, candide, il se prédit un avenir glorieux dans l’artichaut et préserve sa virginité pour celle qu’il ne connaît pas encore mais que Dieu lui destine. Avant de trépasser, son père lui apprend qu’il n’est pas son vrai père. Celui-ci était un gentilhomme, Fulgence Bérendourt de Saint-Avoise, lâchement assassiné par un Bourguignon avec une tache de vin en forme de rose dans le cou. Sa besace remplie d’idéaux et d’artichauts, Philibert quitte son village et galope vers la Bourgogne, accompagné de Martin son valet un peu fourbe. Le courage de Philibert, sa charité, sa pureté physique et morale seront ainsi mis à rude épreuve face à la bassesse et à la vénalité des vilains et la tentation des femmes plus libidineuses les unes que les autres...

Voici le genre de film qui se laisse regarder sans déplaisir mais qu'on oublie aussi vite, on aime bien pourtant ce que dégage le film, ce côté pastiche des films de cape et d'épée (style Jean Marais de la belle époque), avec tous les codes du genre ici redéployés et revisités avec délice, comme les chevauchées accélérées, les rires forcés, les duels qui n'en finissent plus, les collants moulants, les décors en carton-pâte, tout est fidèlement reconstitué,  mais on aurait préféré une vraie parodie, car finalement après une demi-heure de présentation et de vignettes très chatoyantes et assez délicieusement nostalgiques, on finit par s'ennuyer un peu, malgré quelques rares scènes drôles, une photographie magnifique, style Technicolor, et des acteurs, certes caricaturaux, mais très bien saisis.
Avec pourtant le même scénariste que les OSS 117, on rit beaucoup moins, les idées et les gags sont plus rares et surtout, malgré son peps, sa générosité, Jérémie Rénier n'a pas un personnage aussi pittoresque que celui de Dujardin.L'acteur est malgré tout excellent et dégage une fantaisie naïve qui sied bien au personnage, Manu Payet incarne sobrement le compagnon fidèle à son maître, avec sa bonhomie sympathique, alors que Alexandre Astier a la gueule de l'emploi et se force à peine pour composer un méchant obscur à souhait, plus la superbe présence de la charmante Elodie Navarre,  d'une beauté magnifiquement sublimée par ses robes et les couleurs vives.
On sourit parfois, tout est bien charmant et amusant, regorgeant d'idées sympa, mais c'est malgré tout une déception, car dépassant pas assez le premier degré et trop appliqué peut-être, d'où un rythme mollasson, avec des scènes trop démonstratives et donc trop longues, dommage car l'idée de ce pastiche était bonne mais assurément insuffisamment exploitée pour nous emballer vraiment.
On en ressort avec l'impression d'avoir passé un joli moment mais un peu vainement.



MA NOTE: 10/20




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