LA PIEL QUE HABITO-La créature-

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Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire.
Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices.


Le nouveau Almodovar, présenté au dernier Festival de Cannes d'où il est reparti (curieusement et injustement) bredouille, avait partagé les spectateurs.
Personnellement c'est un très bon cru, réussissant à partir d'une histoire assez perverse et sordide, malsaine et sombre dans son fonds, sans émotion, aussi limite vraisemblable quand à sa véracité, à nous passionner de bout en bout, et dès le début on est à la fois captivés et délicieusement interrogatifs sur le déroulement du scénario, intelligent et bien fouillé, le réalisateur mêlant harmonieusement les genres, à la fois drame humain,conte fantastique, thriller décalé, délivrant une glaçante et terrifiante histoire, aussi sexuellement ambigüe, d'apparence très froide dans sa présentation, mais rendue surtout terriblement humaine par la force de narration de ses révélations (flash-backs explicatifs bien amenés), la beauté des décors, à la froids et sublimes, et aussi la puissance et le raffinement de sa mise en scène, jouant visuellement sur les relations entre le corps et son vêtement, cette peau qui l'habite, par une mise en scène élégante magnifiée par une bande musicale sublime et une photographie superbe, sorte de technicolor chaud, digne des chefs d'oeuvre des années 50.
Quand aux interprètes ils sont vraiment bien dans l'histoire, Antonio Banderas, qui retrouve 20 ans après le réalisateur de ses débuts, compose un personnage de savant (rendu) fou à la fois terrifiant, vengeur cruel, difficile à cerner, l'acteur déployant toujours beaucoup de charisme, plus la beauté pure et le jeu impeccable de la sublime Elena Anaya en créature-cobaye divinement sculptée.
Une histoire de transgénèse glauque et diaboliquement perverse, délicieusement baroque dans sa forme, où le bizarre cotoye l'horreur, où le réalisme n'a pas sa place, fascinante à souhait, à laquelle Almodovar apporte sa patte, avec ses obsessions et ses fantasmes, ses thèmes de prédilection comme la famille et l'ambiguïté sexuelle, avec ses extravagances et un kitsch habituel (ici moins assumé), plus un sens de l'esthétisme superbe, bref sa maitrise formelle et son immense talent de cinéaste.
L'été s'achève avec -enfin- une excellente partition!



MA NOTE: 15/20





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MSC dissertations 13/10/2011 12:32


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