THE TREE OF LIFE-Souffle de vie-

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Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

Attention! Ce film est un OFNI (Objet Filmique Non Identifiable), décidément les Palmes se suivent et sont à la fois admirées et contestées, assurément non classiques, et autant celle de 2010 était soporifique et mal filmée autant cette fable mystique de Malick révèle des trésors de grâce et de génie visuel.
Pourtant, comme tout grand film malade, il est plombé par des longueurs inutiles, à l'image de cette interminable séquence de création du monde, mêlant images de cosmos , de bigbang et de dinosaures, pourtant splendides au demeurant mais paraissant de trop et flirtant avec le ridicule.
A travers l'histoire, non linéaire, d'une famille meurtrie par le deuil de l'un des leurs, Malick explore l'âme humaine, différents thèmes de l'humanité, d'où venons-nous, où allons-nous, nos rapports avec Dieu, le créateur, le tout parfois partant dans tous les sens mais ne nous laissant jamais indifférent, et plus qu'un film c'est un poème visuel qui nous inonde par sa sensualité, sa sensorialité, nous faisant toucher du bout des doigts une nature belle et rebelle, jouant magnifiquement d'effets de lumière, de jeux d'ombre, magnifiant à la fois les objets, la nature, et les chairs (rarement les peaux humaines auront été aussi bien éclairées), usant de reflets et d'effets de miroirs pour mieux nous ensorceler, s'appuyant sur les éléments d ela nature comme l'eau, le vent, l'air, le tout enveloppé dans un montage vertigineux, déroutant mais surtout souvent envoûtant, comme l'est aussi la bande-son, mêlant opéra et piano.
Car si Malick filme tout celà d'une manière peu orthodoxe, c'est pour mieux nous envelopper de sa créativité, pour mieux nous faire ressentir à la fois le malaise, la cruauté et la beauté mêlées d'un monde imparfait.Il faut choisir entre deux voies dans la vie, dit au début du film une voix-off, celle de la grâce et celle de la nature, et le réalisateur nous donne un peu des deux, sans apporter de message.
Plus qu'un film, c'est une vraie expérience, un trip mystique, religieux certes mais aussi profondément humain, à travers surtout la relation difficile d'un fils incompris avec son père trop brutal, voulant simplement le préparer à la dureté de sa vie adulte, relation qui nous vaut de poignantes scènes, plus réalistes, magnifiées par les acteurs, d'abord Brad Pitt, ici sobrement touchant et profond, et surtout le jeune Hunter McCracken , dans le rôle de Jack jeune, finalement le personnage principal du film, épatant et déchirant en ado tout en souffrance et en révolte rentrée, à elle seule cette partie aurait pu valoir un grand film.
Saluons d'ailleurs au passage une direction d'acteurs tous touchés par la grâce,s'accordant à la fluidité et à la poésie du propos,à l'image de la lumineuse Jessica Chastain, juste éclatante de beauté et de douceur, plus tous les enfants, eux aussi d'une grâce et d'un naturel désarmants.
Dommage alors qu'un délirium, ou plutôt exagération visuelle, à l'image de cette présentation de la genèse de l'univers, vienne parfois parasiter cet émouvant poème symphonique, à la fois ode à la vie et requiem pour un enfant, mettant en lumière l'affrontement permanent entre bien et mal dans les tréfonds de l'âme humaine, dommage aussi que la partie moderne avec un Sean Penn sous-employé soit décevante.
Imparfait donc, pas le chef d'oeuvre qu'on attendait, trop brouillon parfois, pompeux aussi, mais aussi et surtout éblouissant de génie et de grâce, comme cette séquence de la naissance, avec aussi beaucoup de volupté, sorte de prière métaphysique sur le monde, filmée en lumière naturelle, et si le cinéma est un art, ce film se mérite aussi.Mais il peut aussi bien être rejeté.





MA NOTE: 14/20



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