ANOTHER YEAR-La vie et rien d'autre-

Printemps, été, automne et hiver. La famille et l'amitié. Amour et réconfort. Joie et peine. Espoir et découragement. La fraternité. La solitude. Une naissance. Une mort. Le temps passe...
Vu lors du dernier Festival de Cannes, où il fut assurément le grand oublié du palmarès, voici un vrai petit chef d'oeuvre de sensibilité, de simplicité, au classicisme pur, pour terminer l'année en beauté.Alors que beaucoup le donnaient déjà favori pour la Palme d'Or, il est finalement reparti de la Croisette assez scandaleusement bredouille!trop classique pour Tim Burton?Et pourtant, quel beau film!
Le dernier Mike Leigh est en effet une magnifique comédie dramatique, très british dans sa forme, qu'on pourrait sous-titrer "la vie et rien d'autre", la vie quotidienne, déclinée ici sur les quatre saisons de l'année, d'un couple à un âge charnière de la vie, la cinquantaine bien sonnée, (nommés, avec un clin d'oeil amusant, Tom et Gerri!), en apparence heureux, au jardin comme en cuisine, autour duquel gravitent différents personnages à la dérive, un récit qui vaut surtout par ses dialogues, car c'est un film certes très bavard, mais ces dialogues sont toujours extrêmement bien ciselés, à la fois acides et touchants, à l'image d'un film bouleversant, mélancolique et poétique aussi, qui parle des paumés de la vie, de la solitude, du deuil, du désespoir aussi, mais d'une façon toujours délicieusement légère et élégante, et souvent le tout joyeusement débridé par une drôlerie jubilatoire, servi de plus par des interprètes magnifiquement dirigés et jouant tous des personnages très attachants finalement, avec notamment dans le rôle de l'alcoolique paumée et solitaire, qui s'accroche, celle autour de laquelle gravitent tous les autres personnages, interprétée par l' incroyable et formidable Lesley Manville (qui aurait mérité un Prix d'interprétation à Cannes).
Un rendez-vous avec les choses de la vie, avec ses petits et ses grands tracas, une peinture des sentiments où les coeurs des personnages évoluent au rythme de la nature et des saisons, c'est à la fois tendre, grave et cruel, de plus en plus sombre au fur et à mesure qu'on avance dans les saisons, mais toujours subtilement dosé entre rires et larmes, et surtout d'une justesse et d'une force épatantes, et le tout, avec finesse et tact, déborde d'une humanité revigorante et d'une mélancolie joliment désuète.
En décrivant la vie de ces gens bien ordinaires, sans chichis et sans fioritures, Mike Leigh nous touche au coeur, alternant humour (noir souvent) et émotions (sincères toujours) avec cette histoire simple en apparence mais si profonde en réalité, cette galerie de portraits scrutés admirablement, un récit doux-amer et teinté de nostalgie, chronique désabusée mais superbement délicate et sensible sur le cycle de la vie, qui finit ainsi l'année cinématographique 2010 en beauté.
MA NOTE: 16/20
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