BENDA BILILI! Jusqu'au bout du rêve-


Roger, enfant des rues, désirait plus que tout rejoindre ces stars du ghetto kinois qui écument la ville sur des fauteuils roulants customisés façon Mad Max. Mais avant tout il faut survivre, déjouer les pièges de la rue de Kinshasa, chanter et danser pour s'évader. Pendant cinq ans, des premières chansons à leur triomphe dans les festivals du monde entier, BENDA BILILI nous raconte ce rêve devenu réalité.
Vu en juin dernier, ce docu-réalité, qui avait été acclamé à la Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier festival de Cannes, raconte l'ascension simple et modeste de vraies gens, abîmés par la vie dans leur chair, miséreux matériellement parlant, mais à l'âme intacte et surtout habités par le rêve de réussir, à travers l'universalité de la musique, qui s'affranchit de tous les obstacles, pour ne toucher qu'au coeur.A partir de peu, mais uniquement par une passion commune, un esprit d'équipe et une sincérité débordante, ils vont peu à peu gagner le coeur et l'âme humaine.
Plus qu'une leçon de vie, une leçon de courage et de volonté, une leçon aussi de solidarité, c'est souvent touchant mais sans verser dans le pathos ou quelconque sordide pitié, et on suit avec étonnement au départ puis avec admiration l'itinéraire de cette troupe (le "Staff Benda Bilili" est composé de 5 paraplégiques et de 3 personnes valides), l'aventure de ces oubliés de la rue se résume comme un symbole à travers l'image du jeune "héros" de cet incroyable destin: Roger, l'enfant des rues, lui qui veut faire vivre sa famille et s'occuper de sa mère malade, qu'on voit évoluer physiquement sur ces cinq années qu'a duré le tournage, lui qui est le seul à pouvoir jouer de la musique sur son instrument très personnel, le Satongé (une simple corde reliée entre une boîte de lait et un morceau de bois!), façonné avec les moyens du bord, mais qui reflète toute la volonté de réussir et la force d'y croire, lui qui représente l'espoir et laisse augurer peut-être d'un avenir meilleur.
Alors bien sûr çà reste dans les limites du documentaire, ou plutôt du reportage, mais l'ensemble dégage suffisamment de chaleur et d'honnêteté (le film doit son succès et son charme à la puissance des liens qui semblent s'être tissés entre les cinéastes et leurs protégés), d'enthousiasme et d'énergie surtout, à la fois de la part des réalisateurs et de la part des protagonistes, ajoutons à celà une musique sympathique et conviviale, bref un authentique message d'espoir et d'humanité, décrivant le parcours d'âmes abandonnées à elles-mêmes dans un pays ravagé et oublié, mais qui par leur force de caractère et leur optimisme vont dépasser tous leurs handicaps, le tout subtilement dépeint par une caméra complice.
"je dormais sur un carton, bingo je me paye un matelas, çà peut aussi t'arriver, à toi, à lui, à eux...
Un homme n'est jamais fini, la chance arrive sans prévenir, il n'est jamais trop tard dans la vie!..."
MA NOTE: 14/20
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