LE BRUIT DES GLACONS-Buffet froid-

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Albert Dupontel et Jean Dujardin. Wild Bunch Distribution


C'est l'histoire d'un homme qui reçoit la visite de son cancer. " Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance..."

Un sujet délicat à traiter, tabou (l'homme face à la maladie, l'angoisse face à la mort annoncée), la bonne idée de donner une apparence humaine à la maladie, en la faisant vivre avec sa victime, mélangez le tout et donner le scénario à un cinéaste provocateur, Bertrand Blier, le mélange, le cocktail risquait d'être dérangeant, en tout cas suffisamment sulfureux et attractif pour aboutir à une bonne comédie noire, cynique et grinçante.
On a droit certes à un film noir sur un thème sombre mais pas du tout sinistre, plutôt traité avec le sens de la provoc qu'on connait au cinéaste, avec aussi son sens aigu de l'absurde et avec surtout ici beaucoup de tendresse qui transperce dans tous ses personnages.
Pourtant on est un peu déçu, car certainement qu'on attendait plus de mordant, plus de folie et de poésie notamment par l'entremise de dialogues qui, mis à part de rares moments, sont assez peu "explosifs" pour du Blier et en dessous de ses précédents opus.Manque donc la verve habituelle du cinéaste, son surréalisme bienvenu, plus d'inventivité aussi, peut-être que Blier s'est laissé trop attendrir justement par son sujet.
Il s'appuie pourtant une fois encore sur une belle distribution: après les éternels De-De (Depardieu-Dewaere) voici les nouveaux Du-Du! Si Albert Dupontel excelle en incarnation cynique et diabolique de la maladie et finalement ne surprend pas dans l'univers si particulier du cinéaste, Jean Dujardin s'en sort plutôt pas mal, lui qu'on attendait pas forcément dans un tel registre, sans en rajouter il arrive par moments à apporter pas mal d'émotion à son personnage.Leur face-à-face fonctionne plutôt bien même s'il manque une vraie force dans les dialogues pour s'y attacher encore plus.Et puis, même si ces acteurs sont plutôt bons, Depardieu et Dewaere, il faut bien l'avouer, ont du mal à se faire remplacer chez Blier!
Du côté des femmes, Anne Alvaro, en énigmatique et froide, puis émouvante et déchirante servante-amoureuse aux accents bunueliens et Myriam Boyer en "cancer des pauvres" complètent étrangement ce tableau certes funèbre mais aussi plein d'espoir, espoir et optimisme poétique qui jaillissent et illuminent surtout la fin d'une histoire qui s'était un peu enlisée dans sa seconde partie.
Dommage donc que l'ensemble ne soit pas toujours au même niveau, avec certaines scènes inutiles et ratées, un scénario qui semble vite s'essouffler, dommage que l'humour noir et au vitriol du cinéaste n'ait pas été mieux exploités, que le son de ce bruit des glaçons ne soit pas assez poussé à fond, que la mise en scène ne soit pas toujours au service du récit, car pour le reste reconnaissons du courage au cinéaste de traiter un sujet sensible, avec sa patte d'auteur, tout son sens de l'ironie et du décalé, ce qui donne un bon coup de fouet, et même un Blier en demi-teinte est le bienvenu  dans le cinéma formaté.

JEAN DUJARDIN-MARS 2009-Photo perso-

MA NOTE: 12/20

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F
Effectivement un bon coup de fouet. Avec Des hommes et des dieux, Happy few et Notre jour viendra je trouve que le cinéma français est en pleine forme en ce moment !!!
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