LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE-Deux drôles d'oiseau!

Ici le réalisateur adapte donc à nouveau un roman d'Agatha Christie (de 1929) en le dépoussiérant, en le modernisant évidemment, mais aussi assez intemporel puisqu'aucune époque n'est définie vraiment, ce qui apporte aussi un charme particulier à ces aventures.
Dans cette histoire, Prudence s'ennuie, alors que son mari à la retraite, lui, savoure son repos, elle rêve donc d'une nouvelle enquête.
C'est alors qu'elle reçoit un coup de téléphone d'une vieille tante belge qui aurait été témoin d'un meurtre lors d'un voyage en train.
Alors que Bélisaire croit à une hallucination de cette tante, Prudence va mener l'enquête dans son coin, sans prévenir son mari et en se faisant même passée pour veuve!
Ce qui va déclencher la colère de Bélisaire qui la rejoindra malgré tout dans cette énigme qui va les conduire au sein d'une famille assez étrange, dans un château aux décors expressionnistes.
Autant le dire, on se fout un peu de l'intrigue en elle-même, d'ailleurs quand le meurtre est résolu en quelques minutes à la fin, çà ne nous intéresse pas plus que çà.
Ce qui nous captive et vaut son pesant d'or c'est, comme ce fut le cas pour le premier épisode, le couple atypique des Beresford, interprété par les géniaux André Dussollier (toujours très à l'aise et réjouissant) et Catherine Frot (après sa prestation ébouriffante dans L'empreinte de l'ange son deuxième César ne devrait pas lui échapper, elle "est" à jamais Prudence, ici mélange de Mary Poppins et Bécassine, très cocasse!), ils sont vraiment idéaux pour incarner ces détectives hors temps, hors normes, qui sont dans un monde à eux, excentriques, fantaisistes et dont on partage avec plaisir les frasques, les querelles amoureuses, les jalousies, il faut souligner le talent immense de ces deux grands acteurs, éblouissants, dont la fantaisie rêveuse est toujours juste, ils n'en font jamais trop mais ils nous emportent dans leur monde, ils s'adaptent totalement à cette comédie policière parfois désuète mais toujours délicieuse!
Ajoutons-leur une distribution aux petits-oignons, du vieil avare Claude Rich (dont les enfants attendent la mort pour hériter) à la vieille tante belge, pittoresque Annie Cordy, sans oublier les fils et fille suspects, interprétés par des acteurs solides, même si leurs rôles sont finalement assez courts.
Une ambiance particulière, un tempo toujours bien entretenu qui fait qu'on ne s'ennuie jamais, beaucoup d'humour (il fallait oser refaire la scène de Sept ans de réflexion avec Marylin et la bouche de métro, ici c'est une bouche d'égout qui fait s'envoler le kilt de Dussollier!), des dialogues extras, le tout est mitonné à ravir pour nous servir au final un plat délicieusement relevé, comme le dit le personnage de Claude Rich dans le film "Elle est bonne la soupe", en effet à déguster pour tous publics, sans modération!
On en redemande! A quand le prochain?Avec un duo pareil, on est preneur!
ANDRE DUSSOLLIER-CESAR 1998-2002-Photos persos-


MA NOTE:15/20
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