ESTHER-L'enfant du diable-

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Isabelle Fuhrman. Warner Bros. France
Après avoir perdu l'enfant qu'elle attendait, la fragile Kate voit ressurgir les douloureux souvenirs d'un passé qu'elle préférerait oublier.
Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée, elle fait le choix, avec son compagnon John, d'adopter un enfant. A l'orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Ether.
Mais Kate ne tarde pas à découvrir la face cachée de la " douce " enfant. Autour d'elle, personne n'a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes...

Voici en cette fin d'année ce qu'on appelle un film de genre, film d'horreur, d'épouvante?non pas vraiment en fait, malgré la publicité un peu racoleuse faite de ce côté-là, plutôt un thriller angoissant, film d'ambiance traitant du dérèglement et de l'instabilité mentale d'une jeune fille étrange, le tout insidieusement propulsé dans l'univers d'une famille qu'elle va à son tour désagréger, en en faisant d'abord  ressurgir avec jubilation et sadisme les vieux démons, celui de l'alcool pour la mère, celui de l'infidélité pour le père, en en révélant leurs lourds secrets (avant de révéler le sien!) puis en exerçant un chantage aux enfants devenus témoins , comme pour mieux les culpabiliser en les rendant complices de ses atrocités.Ou comment la perversion vient noircir un apparent bonheur.
Alors bien sûr il ne faut en aucun cas révéler son véritable secret, source de tous ses maux, et la fin est d'ailleurs en ce sens-là vraiment totalement imprévisible je pense, personnellement j'avais à un moment pensé à autre chose, disons plus classique, ce qui fait qu'après-coup on comprend mieux certains de ses comportements, et alors plein de morceaux du film nous éclaboussent en mémoire.
Même si le début du film est un peu lent, peu à peu, tranquillement mais puissamment, une tension se met en route, s'installe et ne nous lâche plus, jusqu'à ce fameux secret final avant le vrai grand final plus horrifique, certes un peu "grand-guignol" mais finalement classique et attendu dans sa mise en scène pour ce genre d'histoire terrifiante.
Ce que le réalisateur a le mieux réussi c'est la peinture psychologique des personnages, à la fois celui d'Esther, visage d'ange en apparence, mais véritable diablesse en robes et rubans d'un autre monde, la jeune actrice Isabelle Fuhrman est vraiment extra en fille inquiétante, dérangeante, à la fois fascinante, repoussante, diabolique, le personnage de la mère est lui aussi très bien étudié, émouvant, torturé (elle replonge dans ses vieux démons, elle n'arrive pas à faire son deuil), c'est la seule qui a des doutes sur "l'innocence" d'Esther,elle est interprétée par une formidable et sensible Vera Farmiga, tout en rupture et fragilité, une grande actrice!, sans oublier la petite soeur sourde, elle aussi touchante dans son mutisme et sa souffrance.
Un thriller angoissant, au suspense et à la tension qui va crescendo, très bien senti, sans esbroufe et sans racolage excessif,une histoire psychologique qui tient la route, souvent horrifiante, mais bouleversante aussi, avec cette interaction des souffrances et des non-dits familiaux, comme le traitement du deuil , un récit qui nous tient en haleine jusqu'à ce dénouement inédit, bien servi par le jeu de deux actrices exceptionnelles.
N'étant pas particulièrement emballé par un film que je voyais plus au départ comme un énième "enfant du diable" gore et plus film d'horreur, c'est finalement à l'arrivée une belle surprise, et donc une belle réussite pour clore l'année 2009.

VERA FARMIGA-DEAUVILLE 2007-Photos persos-



MA NOTE: 14/20

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Publié dans Vu en salle-THRILLER-

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F
J ai bien aimé aussi. Flippant à souhait ! Je te souhaite une Bonne année 2010 pleine de tout ce que l on peut souhaiter et surtout de bon cinéma !
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