IMOGENE McCARTHERY-Fantaisie écossaise-

Elle est rousse. Elle est écossaise. Elle aime le rugby et la cornemuse. Elle vit à Londres, mais se considère en exil. Elle a un fichu caractère et une sacrée descente au whisky.
Elle s'appelle Imogène McCarthery... du clan des McLeod !
En ce beau jour de mai 1962, Imogène, secrétaire à l'Amirauté, vient une nouvelle fois d'humilier son supérieur hiérarchique. C'est l'esclandre de trop. Dans le bureau de Sir Woolish, le grand patron, Imogène s'attend à être congédiée...
Contre toute attente, elle se voit confier une mission secrète : convoyer les plans d'un nouvel avion de guerre jusqu'à un contact en Ecosse, à Callander... son village natal !
Quelle coïncidence !... Quel signe du destin !...
Imogène agent secret... Voilà de quoi en remontrer à ces satanés Anglais et faire la fierté de son défunt père.
En montant dans le train qui la ramène au pays, Imogène ignore ce qui l'attend : une machination qui la dépasse, trois agents bolchéviques sans pitié, mais surtout, Samuel Tyler, son grand amour de jeunesse brisé par un terrible secret.
Quelle déception!Un sujet de comédie attrayant, porté par une actrice qu'on adore, un rôle qui ne pourrait aller à personne d'autre, au lire du scénario, le récit des aventures de ce personnage de vieille fille têtue, patriote, un peu brute de décoffrage, qu'on parachute dans une mission secret-défense, on s'attendait à un mix entre OSS 117 et les Agatha Christie filmées par Pascal Thomas (avec la même géniale actrice), aussi à l'arrivée on n'a ni l'humour potache mais très drôle du premier ni le charme suranné des seconds, dès la première scène dans le stade on n'est pas vraiment captivé, et tout le reste du film sera à l'identique, mou du genou, sans saveur, jamais drôle ni assez fantasque, malgré l'effort des comédiens.Quand à la mise en scène, elle est elle aussi d'un classicisme sans âme, malgré une reconstitution des sixties bien réalisée, costumes et paysages bien sympathiques, mais çà s'arrête là!Finalement rien ne décolle, ni l'humour ni les situations qui restent peu cinématographiquement intéressantes.
Catherine Frot, que je considère personnellement comme une des meilleures actrices françaises, n'est pas ici à blâmer, elle fait ce qu'elle peut pour faire exister son personnage, avec tout son talent mais malheureusement la mayonnaise ne prend pas, car elle se débat dans un scénario d'une fadeur intense, et jamais son jeu ne peut s'en relever, jamais sa gouaille et sa poésie lunaire, sa folie intérieure, ne sont vraiment mises en valeur.A ses côtés Lambert Wilson s'en sort aussi pas mal mais lui aussi n'a pas un rôle assez étoffé, dommage car à l'image de la scène de fin où ils composent un mini-ballet aérien dans la rue, leur complicité semblait sympathique et intéressante mais malheureusement mal exploitée.
Tout devient finalement, sans être vraiment mauvais, assez ennuyeux, sans rythme véritable, trop sage et lisse, et on vient à espérer une quelconque éclaircie comique dans cette intrigue léthargique, que nenni, cette fantaisie écossaise tombe à plat!
C'est donc une assez mauvaise surprise dans la comédie française et une mauvaise passe dans la carrière de cette immense actrice, à qui le personnage correspondait bien, encore eut-il fallu lui trouver des scénaristes et metteurs en scène à sa hauteur pour qu'elle y amène tout son charme et sa fantaisie, ce sera, on l'espère!, peut-être le cas pour une éventuelle suite!
MA NOTE: 9/20
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