JULIA-En cavale-

Après JUNO, voici JULIA! Et c'est mon deuxième vrai coup de coeur de ce début d'année, ou plutôt ici véritablement un vrai film coup de poing!
Eric Zonca, le réalisateur de l'excellent "La vie rêvée des anges", nous revient avec ce road-movie en anglais tourné aux USA.
L'histoire: une femme alcoolique, sans repères, qui perd son boulot, à la recherche d'argent et surtout d'une nouvelle vie, rencontre sa voisine qui lui demande de kidnapper son fils de 8 ans qu'elle ne voit plus; d'abord réticente, elle va finalement accepter pour se retrouver piégée et inéluctablement entraînée dans un engrenage de violences et de rebondissements divers.
Ce film est surtout un portrait sans concessions d'une femme brisée, une espèce de "grande girafe" (comme l'appelle son ami Mitch) perdue dans la jungle de sa vie et qui subit tout ce qui lui arrive.
Il faut d'abord faire l'éloge de son actrice principale, Tilda Swinton, qui trouve enfin un rôle magnifique et d'une puissance inouïe: elle est de tous les plans et impose son physique, parfois belle, parfois laide, et aussi sa force de caractère.
Le réalisateur ne la présente pas pour autant comme une héroïne, il montre ses fêlures, c'est une femme qui agit par instint, on la suit dans cette fuite et cette folie sans la juger et on souffre avec elle, alors on prend de plein fouet tous les coups qu'elle reçoit, elle n'est ni méchante ni bonne, elle vit.
On ne sait en fait pas grand-chose de la vie de cette femme, mis à part ses démons comme l'alcool, on ne sait pas d'où elle vient, mais on sait ce qu'elle cherche: une rédemption, et elle va plus ou moins la trouver à travers ce gamin qu'elle enlève et maltraite tout de même au départ (pistolet sur la tempe, ligoté, enfermé), elle n'a pas d'humanité pour lui au départ, elle le traite comme un adulte, lui aussi d'ailleurs n'éprouve que de la haine pour elle, puis ils vont finir par se trouver réunis dans leur drame personnel, voir la magnifique scène où il la rejoint dans son lit et la fin rédemptrice.

Au final un poignant portrait de femme perdue et révoltée littéralement habité par une Tilda Swinton prodigieuse, les prochains Oscar lui tendent les bras!
MA NOTE: 16/20-TILDA SWINTON-CANNES 2005-Photo perso-

Publicité