L'ECHANGE-L'empreinte de l'ange-

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Angelina Jolie. Universal Pictures
J'avais raté ce film au dernier festival de Cannes, car évidemment tout le monde voulait le voir, 6 mois après j'ai pu enfin le visionner et je peux dire que ce fut un grand moment de cinéma!
Cette histoire- vraie- (il faut le préciser, tant elle parait incroyable et presque invraisemblable!) est celle d'une mère célibataire, qui devient mère-courage quand,  en 1928, elle voit son fils de 9 ans disparaître.
On lui ramène 5 mois plus tard un enfant qu'on tente de faire passer pour le sien.Bien évidemment elle ne le reconnait pas, elle sait très bien que ce n'est pas son fils, alors que la Police tente de l'y persuader, voulant ainsi se glorifier, se mettre en valeur puis ensuite éviter de reconnaître son erreur.
On la fera même passer pour folle jusqu'à l'interner, et multiples péripéties vont émailler son combat de femme blessée, meurtrie mais toujours debout dans son combat à la fois pour retrouver "l'empreinte de l'ange" évaporé et tenter d'ébranler les édifices dans une Amérique corrompue et misogyne des années 20.
Le grand mérite de Clint Eastwood est de nous raconter une histoire vraie qui est une "vraie" histoire de cinéma, avec des personnages forts, bons ou méchants, des péripéties, du suspense, de l'émotion.
Le tout est d'un classicisme, d'un académisme parfait (que certains lui reprochent d'ailleurs injustement) qui s'impose de lui-même, après tout les grands films de John Ford, Renoir étaient aussi très classiques.Et ce classicisme permet de nous passionner et de s'émouvoir totalement pour ce récit.
C'est une histoire qui nous touche d'abord par l'humanité qui s'en dégage, et jamais le réalisateur ne verse dans le mélo ni le pathos, on est ému quand il le faut, on est terrifié quand il le faut, et en celà l'interprétation, du plus grand au plus petit rôle, est magistrale.
Bien sûr en tête d'affiche on a Angelina Jolie; à mille lieux de ses rôles où son physique avantageux se détachait, elle "est" corps et âme cette Christine Collins qui passe du désespoir à l'espoir en luttant contre une société corrompue contre laquelle elle résiste.
Jamais elle ne semble jouer tant elle s'est fondue à merveille dans ce rôle très puissant émotionnellement parlant, mais jamais elle n'est dans le surjeu qui pourrait naître dans des scènes très violentes ( par exemple dans la prison), elle est d'une sobriété étonnante et Eastwood la filme avec pudeur et bienveillance, elle est tout bonnement excellente, c'est son plus grand rôle à ce jour et l'Oscar pourrait lui faire les yeux doux (d'ailleurs vers la fin du film, il y a une scène où elle parie avec des amies sur l'Oscar de l'Actrice 1935! Clin d'oeil du réalisateur à sa comédienne!).
Les autres personnages principaux sont également très bien campés, que ce soit le toujours sobre mais charismatique John Malkovich en Pasteur rebelle, Michael Kelly en lieutenant intègre qui va révéler les dessous de l'affaire, Jeffrey Donovan, terrible  en capitaine corrompu et sans scrupule, ou encore l'effroyable et énigmatique serial-killer Jason Butler Harner sans oublier les enfants (mis à part le fils de remplacement, assez mécanique),  notamment celui qui interprète le jeune ado à qui on a volé son innocence, magnifique d' humanité confondante, superbement interprété par le jeune et prometteur Eddie Alderson,  étonnant et bouleversant dans ce personnage d'enfant à la fois bourreau-complice et victime débordante de remords.
Dans ce récit très sombre, on ne nous occulte pas la violence de certaines scènes, comme les meurtres, suggérés malgré tout mais avec force, d'enfants, ou la pendaison du criminel, qui nous met aussi -volontairement- mal à l'aise, on veut montrer une société inhumaine ( à la fois du côté des tueurs et de la soi-disant Justice), et surtout un Etat corrompu, où tous sont manipulés.
On n'oubliera pas de grandes scènes puissantes et aussi terrifiantes comme celle où l'adolescent, complice malgré lui,  creuse lui-même pour faire apparaître les os des victimes, celle de l'interrogatoire de Christine Collins en psychiatrie, où elle se rend compte qu'elle est piégée quoi qu'elle fasse, celle de l'affrontement en prison avec le tueur, et nombreuses autres scènes fortes dans cette histoire toujours passionnante et où le suspense est latent, le tout avec cette noirceur du récit qui nous prend à la gorge.
Evidemment il y a un côté manichéen, mais il y a bien les méchants d'un côté, les flics ripoux, le tueur, et de l'autre les bons, comme cette femme éprouvée par le malheur mais toujours debout, prête à faire éclater la vérité et à faire tomber ceux qui l'ont amené ainsi, ou ce flic intègre qui n'écoute que sa conscience et se fout de sa carrière, pourtant personne n'est vraiment jugé, même le tueur a sa part d'ambiguïté.
Ce qui fait finalement la force de cette histoire somme toute très linéaire, très classique, c'est de nous procurer des émotions diverses et variées: tour à tour on est touché, révolté, glacé d'effroi,  à la fois un drame humain bouleversant et terrible qui nous touche tous,  sur l'innocence bafouée, mais aussi une peinture sans concession de cette époque corrompue qui nous révolte , plus un thriller à suspense qui nous glace,  et ces trois aspects s'imbriquent à merveille avec le sens de la dramaturgie qui sied au réalisateur, des personnages hauts en couleur, mais toujours avec beaucoup de sobriété, de pudeur et d'espoir, "espoir" qui est d'ailleurs le mot de la fin de ce film qui tout en nous offrant un fabuleux moment de cinéma nous bouleverse et confirme le grand talent de  Mr Clint Eastwood.
Assurément un des grands films marquants de cette année 2008!

ANGELINA JOLIE-CLINT EASTWOOD-CANNES2008-Photos persos-




ANGELINA JOLIE-CANNES 2007-Photo perso-

MA NOTE: 17/20


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Publié dans Vu en salle-THRILLER-

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J
Holalala faut pas que je le loupe ! En tout cas ta critique donne envie ! =)
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P
3 EN UN !<br /> 3 merveilles, le film, l'actrice, le réalisateur...<br /> <br /> Et tes photos : WAOUH !
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