MICMACS A TIRE-LARIGOT-Bric-à-brac-

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Warner Bros. France
 

Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...

Un film de Jean-Pierre Jeunet est reconnaissable au premier plan par sa touche personnelle, sa marque de fabrique, image sépia, tons jaunis, esprit décalé, oui on y est!
Un film de jeunet çà ne se raconte pas, çà se voit, c'est véritablement un univers visuel particulier, poétique, loufoque, absurde parfois, mais aussi avec un parfum bienvenu de candeur poétique, et celui-ci ne déroge pas à la règle.
Pourtant l'histoire est peu originale, en tout cas le scénario de base, cette histoire de vengeance, ce qui nous importe le plus ce sont les personnages et leur imbrication dans le décor, un Paris de carte postale mais intemporel, et on est plongé dans cet esprit quelque peu enfantin mais toujours visionnaire quelque part, rempli de trouvailles enchantées.
Ici on en a pour nos yeux, toujours dans cet esprit d'inventivité, de création parfois simpliste mais toujours charmante, enveloppé d'un esthétisme suranné très cinématographique.
On retrouve dans ce nouvel opus les "gueules" chères au cinéaste, avec cette joyeuse et étonnante bande de joyeux lurons bricoleurs et farfelus, on a le plaisir de retrouver en effet aussi bien Yolande Moreau (en mère Tambouille, malheureusement pas assez présente) que Dominique Pinon, et le premier rôle de l'histoire est ici dévoué à Dany Boon qui s'intègre parfaitement à l'univers de Jeunet, son côté lunaire, poétique, bonhomme, populaire, mélange de Keaton, Chaplin et Tati fait merveille, et sans en faire des tonnes, il est magnifique dans le rôle de Bazil, il ne tire pas la couverture à lui et  les autres soi-disant seconds rôles sont aussi bien présents, comme Omar Sy, qui ne parle que par expressions, Julie Ferrier, étonnante en môme-caoutchouc ou Jean-Pierre Marielle qu'on a toujours plaisir à retrouver.Plus André Dussollier (voix off dans "Amélie Poulain") qui s'est fait une tête d'ordure étonnante!
Et même si tout le plaisir de cet univers visuel si plaisant et si enchanteur est souvent désamorcé par un scénario  baissant parfois de rythme, qui ne fait pas oublier les plus complets "Délicatessen" ou "Amélie Poulain" du même créateur, pourtant ce Jeunet semblant en demi-teinte reste un bon film,  une fantaisie pleine de petites trouvailles visuelles (voir la fin avec la reconstitution sonore du faux transfert des marchands d'armes!), de réalisme poétique, de burlesque aussi, avec plein de détails prodigieux d'ingéniosité et de naïveté rafraichissante (voir les godillots parlants), et son cinéma inventif, créatif, presque surréaliste, est une bulle d'air bienvenue dans la production formatée du cinéma français.
Alors prenons la direction de cette route enchantée parsemée de pittoresque!

DANY BOON-JEAN-PIERRE JEUNET-DEAUVILLE 2009-Photos persos- 

MA NOTE: 14/20




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Publié dans Vu en salle-COMEDIE-

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