MR-73-Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...

Après "Gangsters" (pas vu) et l'honnête "36", Olivier Marchal clôture sa trilogie plus ou moins autobiographique et enrichie de ses expériences d'ancien flic traumatisé avec ce polar glauque sans concessions en s' inspirant d'une histoire vécue douloureusement par lui (des parents asssassinés sous les yeux de leur fille).
Avec deux histoires criminelles en parallèle, une ancienne, douloureusement vécue par Schneider et qui ressurgit, plus une nouvelle affaire, sordide, qu'il veut absolument résoudre à ses risques et périls, en justicier que rien ne peut arrêter, les deux n'ont aucun lien entre elles, si ce n'est le personnage de Schneider, car c'est lui le point central de l'histoire, c'est sa déchéance sans cesse retardée mais inexorable, de ce côté là l'interprétation est sans faille, dominée par un
Daniel Auteuil (comme toujours) excellent en flic fatigué, alcoolique, démoli par un vécu professionnel traumatisant et une vie privée détruite.
Les seconds rôles sont également bien dessinés, Catherine Marchal, tiraillée entre deux "espèces" de flics, Francis Renaud en ordure, Philippe Nahon terrifiant en criminel se rachetant à travers Dieu, Olivia Bonamy, touchante en jeune femme dont la vie a été détruite par la mort de ses parents.
La scène d'ouverture, dans laquelle Daniel Schneider (Auteuil), imbibé d'alcool et de désespoir, détourne un bus, est magistrale.
Le hic de ce film, c'est qu'il y a sans cesse du trop, trop de glauque, trop de poisse, trop d'alcool (Auteuil vidant les bouteilles, whisky, rhum, trop répétitif, une fois çà va!),ainsi, en voulant trop styliser et trop noircir son propos, tout devient hyper appuyé, comme ces scènes sous une pluie torrentielle alors que c'est censé se passer à Marseille! on se croirait chez les ch'tis, aussi on est presque éblouis à la fin quand une scène extérieure laisse apparaître-enfin- un ciel bleu!
Les flics sont tous plus ou moins pourris et corrompus, il n'y a plus aucun espoir à avoir de tout ce monde, semble dire le réalisateur avec le constat très sombre de ce milieu, pourri par la corruption interne, alors à la fin quand la fille accouche de son bébé, avec en parallèle le massacre final, la vengeance et l'issue fatale pour son héros, l'espoir renait, la vie reprend son cours, là aussi çà résonne un peu trop fort symboliquement, avec en plus la croix maculée de sang au-dessus du cadavre du criminel, comme pour signifier que Dieu ne peut plus rien faire pour eux!!
Dommage, reste une force de conviction et de sincérité dans une mise en scène brute et efficace, la force de l'interprétation exceptionnelle de Daniel Auteuil, à l'apogée de sa carrière, avec un personnage qui rappelle celui de Montand dans "Le cercle rouge" de Melville.Hommage sans doute.
MA NOTE: 12/20
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