ONCLE BOONMEE (Celui qui se souvient de ses vies antérieures)-

De cette première vie, Oncle Boonmee ne se souvient de rien, sil était animal ou végétal, homme ou femme ; mais il sait à présent quil est prêt à aborder la mort avec apaisement.
Sort enfin en salles la Palme d'Or du dernier Festival de Cannes, n'ayant pu la voir à cette occasion, je me dis qu'il me faut voir de visu pourquoi cette Palme a fait tant polémique, certains ayant été conquis, d'autres étant passés totalement à côté de cette histoire de réincarnation.
Je vais donc à l'avant-première à l'UGC des Halles, en présence du réalisateur Apichatpong Weerasethakul et de son producteur, ce dernier, en présentant le film, prenant soin de préciser qu'il ne comprenait pas la soi-disant polémique sur le film, et qu'en fait c'était une histoire très simple, qu'il fallait simplement se laisser porter par l'atmosphère, et précisant aussi qu'il y avait des moments drôles.
Alors personnellement je n'ai pas du tout été porté, encore moins transporté, par cette histoire ennuyeuse de fantômes et de vies antérieures, jamais on est ému ni touchés et dès le début avec cette première image de buffle, statique et pesante, le style expérimental du récit, plus son assemblage style fourre-tout, avec des séquences sans véritable transition, sans aucune poésie (à part peut-être le passage de la princesse défigurée qui se fait violer par un poisson-chat!), est assez insupportable et surtout n'apporte jamais un minimum de sensations ce qui ne nous fait jamais accrocher à une quelconque atmosphère.Alors peut-être est-ce une question de sensibilité culturelle qui nous échappe toujours est-il que, malgré une certaine simplicité çà en devient vite prétentieux et surtout sans relief véritable, de plus, malgré certaines images intéressantes, le manque apparent de moyens nuit grandement au film et nous enveloppe dans une espèce de torpeur terrifiante.
Si le réalisateur a certainement voulu nous entraîner dans son expérience comme dans un rêve sensoriel, c'est raté, et on ne comprend pas pourquoi à Cannes le président Tim Burton et son jury ont pu attribuer la récompense suprême à cet essai sans saveur et surtout passer à côté du chef d'oeuvre intimiste et bouleversant qu'est le magnifique Des hommes et des dieux, qui aurait fait une excellente et unanime Palme, à la fois magistral film d'auteur et véritable film grand public, d'une lecture facile, d'une simplicité épatante et surtout d'une portée universelle!Et là on a de l'émotion, du tragique, des acteurs habités, bref un vrai bon film, le contraire de ce trip-pensum même pas indigeste, mais juste incolore et inodore, sans saveur et sans mystère!2h d'ennui!
MA NOTE: 7/20
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