POUR ELLE-Par amour-

Trois ans après, alors que les charges, accablantes, sont toujours retenues contre elles et qu'aucune libération n'est envisagée (l'enquête reste au point mort et elle encourt 20 ans), son mari, persuadé de son innocence et donc vivant une profonde et cruelle injustice, fou d'amour pour elle, est prêt à tout et décide d'employer les grands moyens: il va tout préparer et tout organiser afin de faire évader sa compagne et récupérer ainsi l'amour de sa vie, pour lui et pour leur fils.Non sans drames et violence.
Un premier film très bien maîtrisé du point de vue de l'intrigue, qui sait alterner moments intimes (couple, grands-parents), qui sait s'attarder sur les visages, en restituant superbement les non-dits, en même temps de très efficaces scènes haletantes, du réalisme percutant, alors même que l'on sait très vite si elle est ou non coupable.Mais le sujet n'est pas là.
Vincent Lindon incarne à merveille cet homme pris dans cet engrenage infernal, au bord du précipice mais qui a le courage d'aller au bout de ses idées, par amour tout simplement.Un amour qui le conduit à une espèce de folie destructrice.
Son physique à la Mitchum dégage à la fois force et fragilité, cet homme veut récupérer sa moitié, son combat est noble même s'il apparait quelque peu perdu d'avance, déjà qu'il n'a pas su trouver l'affection de son père (ils ne se parlent presque plus et pourtant quand ce dernier va découvrir les intentions de son fils, il va le protéger) alors il ne veut pas aussi se résigner à perdre sa femme.
Dans un rôle fort, même si moins présent, on retrouve la belle et touchante Diane Kruger, incarnant ce personnage de femme détruite et qui renonce même à vivre, elle est filmée ici sans artifice (la plupart de ses scènes sont en prison).
Malgré tout ce premier film a un petit défaut qui nous laisse un peu perplexe et peut nuire à la crédibilité de l'ensemble, car le combat de ce "Monsieur-tout-le-monde" (comme l'appellent la Police à la fin) apparaît un peu invraisemblable: en effet même si on comprend son courage et son amour puissant pour celle qui partage sa vie (après tout jusqu'où serions-nous prêts à aller simplement par la force d'aimer?), on a quand même du mal à imaginer ce prof "ordinaire" manier ainsi aussi facilement les armes et utilisant aussi facilement stratagèmes divers pour faire évader celle qu'il aime.
Bon je sais que c'est du cinéma mais c'est surtout du au fait que le réalisme très bien restitué de l'ensemble des situations et des différents personnages est quelque peu mal contrebalancée par cet aspect un peu exagéré, la mayonnaise a finalement du mal à prendre, dommage car c'est assurément un réalisateur-scénariste à suivre.
DIANE KRUGER-CANNES 2007-Photo perso-

VINCENT LINDON-CANNES 2006-Photo perso-

MA NOTE: 14/20
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