TU SERAS MON FILS-L'affrontement--

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On ne choisit ni ses parents, ni ses enfants !
Paul de Marseul, propriétaire d’un prestigieux vignoble à Saint Emilion a un fils, Martin, qui travaille avec lui sur le domaine familial. Mais Paul, vigneron exigeant et passionné, ne supporte pas l’idée que son fils puisse un jour lui succéder. Il rêve d’un fils plus talentueux, plus charismatique… plus conforme à ses fantasmes de père ! L’arrivée de Philippe, le fils de son régisseur va bouleverser la vie de la propriété. Paul tombe en fascination devant ce fils idéal. Commence alors une partie d’échec qui se jouera à quatre : deux pères, deux fils, sous le regard impuissant des femmes qui les entourent. Et au moins l’un d’entre eux n’a plus rien à perdre …

Voici un drame familial se déroulant dans un prestigieux domaine, symbole des racines, du terroir, de la transmission ancestrale du savoir et des techniques viticoles, de père ne fils, de génération en génération,  récit du mépris d'un père pour son fils qu'il refuse de voir lui succéder.Et lorsque ce père indigne choisit un fils de substitution providentiel, ce dernier va du même coup trahir à son tour son propre père, allant même jusqu'à vouloir se faire adopter par son nouveau père.
Le réalisateur a le mérite de dérouler une intrigue à la progression dramatique constante et intense, à l'image d'une musique adaptée, appliquant un véritable suspense psychologique à cet affrontement humain et familial, entre le chêne et le roseau, lequel va plier mais ne pas rompre, et réussit sa partition humaine grâce surtout à des comédiens virtuoses: on ne présente plus Niels Arestrup, une nouvelle fois grandiose (mais c'est un pléonasme!) en patriarche fascinant de cynisme, sorte de "parrain viticole" (d'ailleurs le domaine où travaille aux Usa le fils de son régisseur est celui d'un certain Coppola! clind'oeil!),  régnant sur son domaine comme un vieux lion sur sa brousse, manipulant son entourage, méprisant son fils en l'humiliant de plus en plus, l'acteur déroule sa carcasse imposante et son charisme puissant, délivrant aussi une sensibilité derrière une carapace d'acier, un ogre dirigé ou plutôt aveuglé par l'amour de son métier, l'acteur est monstrueux, à la fois dans son rôle et par la force hypnotique de son talent, depuis 2-3 ans le cinéma français a beaucoup de chance de le retrouver,  à ses côtés, dans le rôle du fils gringalet, rejeté, méprisé, humilié, écrasé par un père qui l'étouffe et l'oppresse, Lorànt Deutsch est lui aussi parfait de justesse, avec un personnage plus délicat à assumer, plus sobre mais aussi plus en nuances, plus touchant aussi, sans oublier la révélation du film, le moins connu mais prometteur Nicolas Bridet en fils prodigue ou encore Patrick Chesnais, émouvant en régisseur malade, dont les silences et les regards disent beaucoup et qui sera prêt à sauver in extremis l'honneur perdu.
Une véritable tragédie de moeurs sur fonds de rivalités et jalousies familiales, aux dialogues savoureux et bien mis en bouche,  une chronique certes conventionnelle et appliquée mais qui sonne toujours très juste, toujours passionnante et excellemment maitrisée, subtilement interprétée, portée par un scénario solide, bref tout simplement l'un des meilleurs crus français de cette année, à consommer, lui, sans modération!
MA NOTE: 15/20


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Publié dans Vu en salle-DRAME-

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M
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