WATCHMEN-LES GARDIENS-Les héros sont fatigués-
Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux,
"Watchmen - Les Gardiens" - se passe dans une Amérique alternative de
1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l'Horloge de
l'Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l'Union
Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l'un de
ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un
peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace
de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent.
Alors qu'il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un
groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l'un d'entre-eux
possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot
inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura
des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de
protéger l'humanité... Mais qui veille sur ces gardiens ?
Vu ce film dans le cadre de la très sympathique opération "Family and friends" des avant-premières Allociné, avec le Club 300, je ne connaissais pas trop au départ l'histoire, n'ayant jamais lu le roman graphique original (réputé comme inadaptable).Le tout commence sur l'assassinat d'un homme qu'on découvre comme un ancien "super-héros", "Le comédien", dans un monde à la porte de l'Appocalypse (l'horloge est arrêtée sur minuit moins 5) pourquoi a-t-il été éliminé, les autres sont-ils menacés, un de ses anciens collègues mène l'enquête.
Mêlant réalisme et fantastique, actualité (on passe de 1985 à la Guerre Froide avec Nixon en marionette ridicule) et science-fiction, on a du mal à rentrer dans l'histoire au début, assez complexe, puis on se laisse malgré tout entraîner par 2h40 d'un tourbillon de richesse visuelle, de violence non édulcorée, limite gore (souvent à la limite du soutenable visuellement, bras coupés, tête fendue, etc...), de poésie aussi, même si la tension faiblit par moments et si certains passages sont ternes et même à la limite du ridicule (voir les scènes du Dr Mannathan dans l'espace!), aussi tous les passages avec Nixon sont moins intéressants.
Sans avoir lu le roman, qui devait être très riche, on se rend compte que cette histoire est somme toute assez particulière, on parle de super-héros bien sûr, mais ce ne sont pas des super-héros classiques, ils sont en pleine déchéance, de plus seulement un a de véritables pouvoirs.
L'ensemble fait preuve d'un sens de l'esthétique absolument époustoufflant par moments, côté action on en a aussi pour son argent, on ne lésine pas sur les scènes de combat avec ralentis, et si les scènes de violence sont d'une cruauté sans nom, leur beauté visuelle permet de bien les accepter.
Côté interprétation, le réalisateur a eu la bonne idée de faire appel à des acteurs pas trop connus (sauf Patrick Wilson et Billy Cudrup), ce qui permet de mieux s'intéresser aux personnages, en particulier celui de Rorschach, le plus intéressant du scénario, à la fois inquiétant, terrifiant, pathétique, sous son masque à tâches reflétant ses sentiments (super idée) se cache l'excellent et charismatique Jackie Earle Haley, une vraie "gueule", ses scènes de prison nous font frissonner de frayeur jubilatoire!Mais tous les personnages, dont on revoit le passé ou comment ils sont devenus "super-héros" , ne sont pas aussi passionnants.
Malgré certaines baisses de rythme, il n'en demeure pas moins un excellent divertissement foisonnant, très stylisé, baroque, porté par une mise en scène souvent éblouissante qui nous en met plein les yeux...et les oreilles!, une musique sympa portée par de grands standards (Bob Dylan notamment), de l'action, des sentiments aussi.
A voir assurément pour son côté "vrai morceau de cinéma", de la science-fiction d'une noirceur assurée, assez décalée pour en devenir originale.
MA NOTE: 14/20
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