CES AMOURS-LA- La Vie, l'amour, la mort -

En cette fin d'été voici que reviennent dans l'actualité trois cinéastes français majeurs des années 70, aux styles très différents mais si reconnaissables, après Alain Corneau (décédé peu après la sortie de son dernier film) et Bertrand Blier voici le nouveau Claude Lelouch.
Après l'étonnant mais réussi Roman de Gare le voici qui revient pour son 43ème film et surtout pour célébrer ses 50 ans de cinéma à son style lelouchien qui n'appartient qu'à lui, qu'on aime ou qu'on rejette, où il mêle et tisse les fils d'histoires et d'Histoire avec toujours une place prépondérante à la musique, un des acteurs principaux et romanesques de ses récits.On lui a souvent reproché d'abuser de lyrisme et de caricaturer son style, ici c'est une excellente surprise, tout y est presque sobre, sans effets virevoltants ou tournoyants, bien sûr tout n'est pas parfait mais il s'en dégage une vraie et palpable émotion, une nostalgie bienveillante, où amour de la vie, amour des femmes et surtout amour du cinéma sont entrelacés dans une sorte de fresque à la naïveté sincère et touchante.
Ce qui nous donne de superbes moments de cinéma, une mise en scène souvent élégante et inspirée, avec peut-être une fâcheuse tendance à trop illustrer mais bon on ne changera pas le cinéaste!surtout pour un film qui fait oeuvre de testament personnel et rend hommage au cinéma et à son cinéma (magnifique générique de (fausse) fin où l'on voit, à travers l'itinéraire de cet enfant gâté, défiler les visages de tous ces merveilleux acteurs et actrices qu'il a pu et su si bien dirigés, Deneuve, Trintignant, Girardot, Montand, Ventura, Morgan, Belmondo, etc...).Bien sûr on retrouve dans ce film tous les ingrédients du cinéma lelouchien, le destin, les jeux de l'amour et du hasard, les rencontres des uns et des autres, avec toujours cette manière si particulière qu'il a de nous conter ses histoires qui, même si elles peuvent parfois paraitre invraisemblables, réussissent toujours à nous captiver et ne sont jamais ennuyeuses.
Et puis, ce n'est pas une nouveauté, Lelouch sait filmer et magnifier les acteurs, et là, mis à part Audrey Dana (une nouvelle fois magnifique, en héroïne dramatique des temps modernes, qui irradie l'écran comme personne), il s'entoure de têtes moins connues comme l'imposant Samuel Labarthe (en nazi jamais caricatural),ou Laurent Couson, musicien du film et acteur convaincant également, et surtout les deux révélations que sont Gilles Lemaire et Jacky Ido (déjà remarqué dans le dernier Tarantino), très prometteurs et charismatiques en amis de guerre puis rivaux dans un triangle amoureux pour ce qui constitue la meilleure partie du récit.Sans oublier l'excellent Dominique Pinon, dans un rôle malheureusement trop court.
Par contre déçu par ces apprentis-comédiens que sont Liane Foly (qui se contente de singer Arletty) voir par le chanteur Raphaël qui, malgré sa "gueule" et en dehors de la belle scène de fin, a un jeu assez fade et incolore dans la première partie.
Variation symphonique, hymne à la vie, déclinaisons sur l'amour, la mort à travers le destin et les amours d'une femme libre et moderne, ses bonheurs et ses malheurs, ses tragédies mêlées inexorablement à la tragédie historique, aussi une déclaration d'amour au cinéma avec ce retour nostalgique et romanesque d'un cinéaste qui a confondu avec bonheurs la vie et le cinéma, et qui passe le relais comme un symbole à son fils, voici du bon Lelouch, qui multiplie les personnages et les histoires mais sans les lâcher et sans nous lâcher, on s'attache et on vibre!
MA NOTE: 14/20
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