AU-DELA-La mort dans la peau-

Décevant, frustrant car souvent captivant, voici comment on pourrait résumer ce nouvel opus du maître Clint Eastwood, car après les excellents Gran Torino et L'échange, le puissant mais un peu moins réussi Invictus, voici qu'il change à nouveau de thème avec cette variation sur l'expérience de la mort, ou plutôt déclinaison de trois interrogations de vie face à la mort, soit la sienne que Marie croit avoir frôlée, soit celle d'une partie de soi pour le jumeau, soit celle des autres pour George.Pas un film fantastique ni un mélo, plutôt un drame existentiel voulant amener à la réflexion de la part d'un cinéaste qui, à l'automne de sa propre vie, a voulu montrer ses propres doutes.
En voulant décrire ces trois histoires, d'une façon linéaire et par un montage trop schématique, et surtout en voulant les réunir d'une façon ratée et peu crédible, surtout sans émotion ni véritable intérêt narratif, plus une fin romantique un peu naïve, le réalisateur finalement nous empêche d'être totalement passionné par son récit, la faute à un scénario parsemé de maladresses ou de scènes sans grand intérêt, le tout est trop souvent un peu brouillon, comme inachevé.
Pourtant, et peu importe si on croit ou non à cet au-delà supposé, une certaine pudeur et une touchante sobriété, une simplicité bienvenue sont les meilleurs atouts d'un récit assurément douloureux mais qui ne verse jamais dans le pathos forcé ou le surplus d'effets visuels, les plans de visions sont très peu et assez subtilement utilisés et la seule scène avec effets spéciaux, le tsunami impressionnant du début, ravageant le calme et la sérénité installées, est magnifiquement amené et réalisé, malheureusement l'aspect choral du film est son point faible, mieux aurait-il fallu se concentrer sur une seule histoire, en l'étoffant de plus de passion et d'émotion.
Heureusement il y a des moments de grâce et des plans magnifiques, des séquences intimistes très réussies, plus une interprétation convaincante, à l'image de Matt Damon, à nouveau parfait, ici tout en justesse intérieure et sobre douleur dans la peau de cet homme que l'approche des morts fait renoncer à assumer sa propre vie, considérant que ce soit-disant don est pour lui une vraie malédiction, l'acteur est filmé superbement, quand à Cécile de France, dans un rôle moins fort et souvent mal exploité, à l'image de toute la partie française la moins intéressante, elle fait ce qu'elle peut et apporte surtout son charme, sa douceur et sa légèreté, malheureusement l'histoire des jumeaux, au demeurant la supposée plus bouleversante, est la moins réussie surtout à cause du manque de charisme et d'expressivité du jeune acteur choisi, saluons aussi la bonne composition de Thierry Neuvic, pour le reste dommage, car en voulant s'attaquer à un sujet fort, ambitieux, le réalisateur a finalement manqué d'étoffe et s'est quelque peu noyé dans un scénario trop superficiel, inégal et souvent trop simpliste et contemplatif, et le tout à l'arrivée manque cruellement de subtilité et d'une véritable âme.Pas suffisant pour nous faire chavirer mais même un Eastwood à moitié raté vaut bien d'autres films!
MA NOTE: 12/20
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