COCO AVANT CHANEL-Une femme libre-

Une petite fille du centre de la France, placée dans un orphelinat
avec sa soeur, et qui attend en vain tous les dimanches que son père
vienne les chercher.
Une chanteuse de beuglant à la voix trop faible, qui affronte un public de soldats éméchés.
Une petite couturière destinée à refaire des ourlets dans l'arrière-boutique d'un tailleur de province.
Une apprentie-courtisane au corps trop maigre, qui trouve refuge chez son protecteur Etienne Balsan, parmi les cocottes et les fêtards.
Une amoureuse qui sait qu'elle ne sera " la femme de personne ", pas même celle de Boy Capel, l'homme qui pourtant l'aimait aussi.
Une rebelle que les conventions de l'époque empêchent de respirer, et qui s'habille avec les chemises de ses amants.
C'est l'histoire de Coco Chanel, qui incarna la femme moderne avant de l'inventer.
On connaissait Anne Fontaine pour ses histoires à l'ambiance sulfureuse, toujours excellente exploratrice des âmes humaines, ici elle s'attaque en apparence à une reconstitution biographique, celle de la grande Gabrielle "Coco" Chanel.Un biopic? Non, pas vraiment.Une chanteuse de beuglant à la voix trop faible, qui affronte un public de soldats éméchés.
Une petite couturière destinée à refaire des ourlets dans l'arrière-boutique d'un tailleur de province.
Une apprentie-courtisane au corps trop maigre, qui trouve refuge chez son protecteur Etienne Balsan, parmi les cocottes et les fêtards.
Une amoureuse qui sait qu'elle ne sera " la femme de personne ", pas même celle de Boy Capel, l'homme qui pourtant l'aimait aussi.
Une rebelle que les conventions de l'époque empêchent de respirer, et qui s'habille avec les chemises de ses amants.
C'est l'histoire de Coco Chanel, qui incarna la femme moderne avant de l'inventer.
Déjà comme l'indique le titre, n'est parcouru ici que la jeunesse de la créatrice, de son enfance malheureuse à ses amours difficiles et surtout son éveil à la vraie vie, sa modernité, son envie de vivre libre de toutes conventions, de refuser le mariage par exemple, une liberté qu'elle reconduira, en apprentie couturière, jusqu'au choix de ses vêtements, habillant son corps un peu à la garçonne, quitte à déplaire à son entourage, désirant aussi changer les femmes en leur offrant cette amplitude dans leurs vêtements, en préférant la simplicité et le côté pratique plutôt qu'au "trop-trop" des robes d'alors, augurant ainsi de toutes les futures libertés de la femme, liberté de travail notamment (elle veut travailler alors qu'on lui offre tout).
Coco Chanel a ainsi pu se faire un nom en perçant dans ce milieu très masculin, en osant se rebeller pour mieux s'affirmer, refusant la facilité et le conformisme ambiant.Une femme ambigüe aussi, jusque dans sa sexualité, et qui réussira à s'affranchir.
En refusant de faire le biopic classique, formaté et en évitant le piège de la reconstitution tape-à-l'oeil, la réalisatrice nous offre un splendide portrait de femme, en retenue et élégance parfaites, tout en bénéficiant d'un décorum d'époque superbe, sobrement intégré au récit et qui ne le dessert à aucun moment.
Aussi on a droit à de véritables tableaux, comme l'image splendide de la plage avec au milieu Coco Chanel de dos face à la mer.
Bien sûr, pour interpréter cette illustre contemporaine, il fallait une actrice de grande classe, et qui mieux qu'Audrey Tautou, même silhouette malingre, apparente ressemblance physique, mais après tout peu importe, l'important c'est que jamais elle ne semble composer le personnage, elle est tout simplement exceptionnelle de charisme, avec son charme mutin, sa gouaille, son sourire, lumineuse et sensuelle, elle magnifie tous les plans du film!
Jusqu'au superbe dernier plan du film, lors de son premier défilé quelques années plus tard, elle revisite en un regard les images de son parcours et nous offre le sourire apaisé de la réussite, de la femme au destin accompli, un simple sourire qui grâce au talent de l'actrice réussit à en dire beaucoup.
Du grand art.
Les deux rôles masculins du film sont aussi exceptionnels: Benoit Poelvoorde en riche protecteur, un peu méprisant et décadent, qui deviendra amoureux jaloux, il est à tour de rôle excentrique et bouleversant, et l'acteur offre ici une partition tout en pudeur, une performance dramatique remarquable, et Alessandro Nivola, une révélation, magnétique et très classe en aristo séducteur.Plus la participation tout en charme délicat de Marie Gillain et d'Emmanuelle Devos.
Le charme discret, l'élégance raffinée, une actrice grandiose qui électrise le rôle, tout pour aboutir à une grande réussite, c'est, après "Welcome", le deuxième coup de coeur français de ce début d'année!
AUDREY TAUTOU-CANNES 2006-Photo perso-


MA NOTE:16/20
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