CA COMMENCE PAR LA FIN-Violence et passion-

La passion, la rupture, les retrouvailles.
Une histoire damour dans le désordre.
Voilà un film singulier, le premier de Michael Cohen, mari à la ville d'Emmanuelle Béart, et les voici tous les deux au coeur d'une histoire de véritable passion d'amour, trop puissante pour s'assumer, donc forcément auto-destructrice, violente (dans les mots comme dans les étreintes) puis cruelle, avec sûrement du vécu forcément, et donc forcément troublant, pour eux d'abord et pour nous spectateurs ensuite.
Ou "Un homme et une femme" version passion impossible.
Un film qui a les défauts et les qualités d'un premier film, avec ses audaces d'abord , comme celle de délivrer ce récit en commençant par la fin justement, scène de tristes et mélancoliques retrouvailles (mélancolie qu'on retrouve dans la sublime et déchirante chanson de Tom Waits qui débute et clôture le film) après une rupture cruelle, qui sonne comme une déchirure du coeur, (mais est-ce vraiment la fin pour ces deux coeurs brisés par trop de passion ou le début d'une vraie histoire d'amour?), puis en délivrant dans le désordre des fragments de cette passion, avec ses élans du coeur, ses désirs charnels, ses délires aussi, et le montage est en ce sens assez bien ficelé, car même si cette absence de chronologie peut dérouter, chaque morceau, chaque bribe de cette histoire renvoie à une autre, ce désordre narratif est là aussi pour nous montrer le côté vertigineux de cette passion trop forte, pour nous mettre mal à l'aise, mais le film montre aussi ses maladresses, ses ruptures pas toujours bien senties, un scénario manquant de vrais centres d'intérêt, et une mise en scène un peu plan-plan qui veut parfois trop souligner les choses, au détriment de l'émotion.
On pourra aussi reprocher au réalisateur de ne pas nous donner des clefs à cette histoire, pourquoi cette passion est-elle devenue aussi violente, ce qui fait qu'on a parfois du mal à s'intégrer et à vivre vraiment le récit.
Saluons, aux côtés d'un Michael Cohen sincère et touchant mais qui semble parfois surjouer, la superbe Emmanuelle Béart, le coeur à vif, la passion à fleur de peau, écorchée, se donnant corps et âme pour ce personnage un peu hystérique parfois mais souvent bouleversant, qui semble à la recherche d'une vraie libération.
Au final, malgré son côté bancal et imparfait le film est intéressant et ne laisse surtout pas indifférent, car en délivrant cet essai intime, sensuel et troublant, sur la passion qui dévore souvent tout sur son passage, sur l'équilibre difficile des rapports amoureux, Michael Cohen en appelle à chacun.

MA NOTE: 12/20
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