LA FILLE DU RER-Au coeur du mensonge-

Publié le

Catherine Deneuve et Emilie Dequenne. Moune Jamet
 
Jeanne vit dans un pavillon de banlieue avec sa mère Louise. Les deux femmes s'entendent bien. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne, sans trop de conviction, cherche un emploi.
Un jour, en lisant une annonce sur le net, Louise croit que le destin frappe à sa porte. Elle nourrit l'espoir de faire engager sa fille chez Samuel Bleistein, un avocat de renom qu'elle a connu dans sa jeunesse.
L'univers de Jeanne et celui de Bleistein sont à des années lumières de distance... Pourtant, ils vont se rencontrer à cause d'un mensonge inouï que Jeanne va échaffauder.
Le film est l'histoire de ce mensonge qui va devenir le fait divers le plus médiatisé et le plus politisé de ces dernières années.
Après le magnifique "Les Témoins", André Téchiné nous revient avec ce scénario inspiré d'un fait divers qui avait défrayé la chronique ces dernières années, qui avait lui même inspiré une pièce de théâtre, pièce qui est le fondement du film d'ailleurs.
Comme toujours chez Téchiné, les acteurs sont excellents, naturels et solaires, le problème du sentiment d'inachevé de ce film est certainement dû au fait que le réalisateur a pour une fois voulu s'inspirer d'un fait divers social et d'y greffer autour plusieurs histoires, histoires de familles, qui ne sont pas toutes à la hauteur.
Le film est divisé en deux parties: lescirconstances et les conséquences de ce mensonge.Pour ce qui est le fait divers lui-même, il est juste évoqué, on évite la reconstitution, ce qui intéresse Téchiné, c'est de montrer (et non de démontrer) comment cette fille a pu arriver à greffer cet acte dans son cerveau, comment son environnement, la fatalité, ont provoqué celà.mais il ne juge pas, il expose simplement cette réalité sociale et cette récupération médiatique, qui rappelle beaucoup d'autres évènements.Le tout sans appuyer par ci ou par là, tout en finesse et justesse.
Et pourtant certaines scènes, certaines transitions sont difficiles à saisir, on est parfois un peu distancés, comme par exemple avec les scènes de la famille juive de Bleistein, assez poussives, voir inintéressantes (comme pour le personnage inteprété par Mathieu Demy).
Alors après reste bien sûr du bon Téchiné, une mise en scène discrète mais efficace, servie par des interprètes épatants: en Jeanne cherchant l'amour, désirant couper avec sa solitude,  Emilie Dequenne est à la fois superbe, rayonnante et désespérée, touchante et fragile, assez incontrôlable, Catherine Deneuve toujours élégante en mère protectrice, Michel Blanc parfait aussi dans un rôle pourtant moins marquant.
Plus Nicolas Duvauchelle et sa vérité brute, sa sensibilité à fleur de peau, qui forme un couple très romanesque avec Emilie Dequenne.
L'histoire d'une jeune fille un peu perdue, qui est restée un peu dans l'enfance (ses vraies scènes de complicité sont avec l'ado)qui veut simplement qu'on l'aime pour de vrai, et qui, sans le savoir, va, à travers un mensonge qui lui parait anecdotique, provoquer une véritable affaire d'état.
Un Téchiné un peu en dessous, quelque peu bâclé par ci-par là,  mais qui, malgré quelques faiblesses,  d'où la difficulté parfois à rentrer dans l'histoire, n'en demeure pas moins un assez bon Téchiné, avec toujours sa sensibilité et sa faculté à décrire les souffrances de l'âme humaine.

EMILE DEQUENNE-CANNES 2007-Photo perso-

MA NOTE: 14/20





Publicité

Publié dans Séance de rattrapage-

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article