L'AUTRE DUMAS-De l'ombre à la lumière-

Publié le

Benoît Poelvoorde et Gérard Depardieu. UGC Distribution
Alors qu'Alexandre Dumas et Auguste Maquet, son nègre littéraire, sont au sommet de leur collaboration, Maquet décide de se faire passer pour Dumas afin de séduire Charlotte, une admiratrice de l'illustre écrivain.
Entre les deux hommes, l'affrontement est inévitable. Dans Paris, la Révolution de 1848 se prépare...

Vu en avant-première à l'UGC des Halles-Paris, en présence du réalisateur Safy Nebbou
(auteur de deux premiers films que j'avais beaucoup aimé, "Le cou de la girafe" et "L'empreinte de l'ange" rebaptisé dernièrement "L'empreinte" suite à des problèmes d'utilisation du titre) et malheureusement sans la présence de ses interprètes principaux, retenus pour raisons diverses.
En présentant le film le réalisateur a insisté sur la complicité et le sérieux de ses deux comédiens, alors qu'on lui promettait dans son entourage qu'ils seraient ingérables au vu de leur forte personnalité!
Comme dans ses deux précédents films, la recherche et la reconnaissance d'identité est ici au centre du récit.
C'est l'histoire -romancée- d'une collaboration particulière qui exista réellement  entre ces deux hommes, une "liaison" et interconnexion littéraire qui dura sept années, deux caractères véritablement antagonistes, une collaboration aussi bien ingérable qu'indispensable, entre la lumière et l'ombre, Alexandre Dumas, personnage très libre, ouvert, volubile, volontiers outrancier, amateur de chère et de chairs, et son contraire, Auguste Maquet, tapi dans l'ombre du maître, appliqué, sensible, fidèle à son épouse, souffrant aussi de son manque de reconnaissance, aussi lorsque les circonstances l'amènent à être pris pour le maître, attiré en même temps par la jeunesse et la beauté de cette jeune femme qui lui avoue une admiration impromptue et inespérée, il se plie volontiers au jeu, engageant ainsi un duel entre amour et haine entre les deux collaborateurs.
Le point faible de ce récit en est son côté presque théâtral (il est d'ailleurs adapté d'une pièce de théâtre "Signé Dumas"), le côté également trop classique de sa mise en scène.
Le point fort est la confrontation de ces deux personnages, grâce à l'immense talent de deux grands acteurs qu'on ne présente plus, et personnellement ce sont deux de mes acteurs préférés du cinéma français, le gros atout qui m'ait poussé à aller voir ce film: sur ce plan-là on est pas déçu.Gérard Depardieu était bien évidemment l'acteur idéal pour incarner cet homme truculent, jouisseur de la vie, ce génie inné, et il le fait sans surenchère, avec excellence, j'allais dire comme à l'accoutumée!
Mais le vrai "héros" de cette histoire vraie c'est bien sûr "l'autre" Dumas, cet Auguste Maquet qui a plus intéressé le metteur en scène, comme pour le réhabiliter (n'oublions pas qu'il a participé grandement au succès des principaux ouvrages du célèbre écrivain, et que jamais son talent n'aura été reconnu, un procès sera d'ailleurs lancé par le "nègre" à Dumas, l'un sera inhumé au Père-Lachaise alors que Dumas finira au Panthéon!).
Benoit Poelvoorde est vraiment étonnant dans ce rôle assez dramatique, il est bluffant de justesse,  dans la composition de ce personnage travailleur mais effacé, qui n'a pas le relief de son maître, se montrant fragile, torturé, et l'acteur livre ici une composition superbe, tout en intériorité et avec beaucoup de sobriété, de plus son physique s'accorde véritablement au personnage.Du grand art pour ce comédien qui prouve l'étendue de son registre en enchaînant rôles comiques et rôles plus dramatiques (comme il l'a magnifiquement fait récemment dans "Coco avant Chanel").
A leurs côtés deux actrices magnifiques, Dominique Blanc, impeccable comme toujours, dans le rôle d'une femme très moderne et épanouie, et Mélanie Thierry qui apporte tout le charme et la beauté de sa jeunesse à ce rôle de révolutionnaire insouciante.
L'ensemble du film, à partir d'un sujet pas évident, est parfois passionnant et digne d'intérêt grâce justement à l'idée de substitution d'identité qui apporte un côté vaudevillesque au récit  et, même s'il souffre par moments d'une chute de rythme, de passages souvent sans véritable ampleur, le tout est finalement grandement sauvé par ses deux exceptionnels interprètes qui y apportent un certain souffle romanesque.Et, un peu frustrés, on les quitte en se disant qu'on voudrait à nouveau les voir ensemble, mais dans un film et un projet plus conséquents.
Sans doute prochainement, on l'espère!

SAFY NEBBOU-PARIS-8 FEVRIER 2010-Photo perso-

MA NOTE: 13/20

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D
Bonsoir, j'ai trouvé ce film très "plan plan". A peine au niveau d'un téléfilm moyen de la télévision française. Avec un titre pareil, je m'attendais à autre chose. Bonne soirée.
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