LOVELY BONES-Entre deux mondes-

Voir Peter Jackson réalisateur de cette histoire semblait quelque peu inattendue, au vu de ses dernières super-productions.En fait on sait que c'est l'adaptation d'un roman qui l'a bouleversé, aussi le mettre en scène lui tenait particulièrement à coeur.
Un récit qui oscille entre thriller, drame familial, poésie et fantastique, assez rude à adapter du point de vue cinématographique, du fait justement de ces allers-retours, déroutants il faut bien le dire, entre ces différents thèmes.
On peut comprendre que le film n'ait pas du tout plu, personnellement j'ai bien aimé le traitement d'une histoire troublante, dérangeante, mais aussi remplie de poésie et de fraîcheur, malgré le côté horrible et sordide du récit.On y évoque le deuil insoutenable d'une famille qui perd son enfant, puis le désir de vengeance d'un père inconsolable et la fuite d'une mère qui refuse d'assumer ce deuil et préfère disparaître comme pour oublier, terrible!
Malgré l'impression étrange, le malaise même que provoque la ré-apparition de cette jeune fille assassinée, naviguant dans cet entre-deux-mondes, entre la terre et le paradis, on est déstabilisé mais aussi sensibilisé et pris par l'émotion que dégage l'ambiance générale du propos, passant sans cesse du réel à l'imaginaire, et on retrouve souvent le génie créatif du réalisateur, son intérêt pour ces mondes imaginaires justement, notamment avec son parti-pris esthétique, comme avec les effets numériques appliqués dans les séquences de l'autre monde, belles et poétiques, sans excès, avec aussi des scènes fortes et puissantes par leur pouvoir émotionnel, comme celle où Susie s'enfuit, croise la fille qui ressent les choses, puis s'aperçoit qu'elle est déjà morte, avec la vision terrible de décors glaçants et terrifiants de la scène de meurtre!Avant de basculer dans le paradis éternel, Susie a une mission à remplir: aider les siens à se reconstruire tout en démasquant son meurtrier.
Alors bien sûr avec un tel sujet casse-gueule tout n'est pas abouti ou parfait mais l'ensemble est assez fort pour nous faire chavirer, à la fois d'effroi et d'émotion, une histoire dure mais aussi paradoxalement belle, qui ne nous laisse pas indemne.
Côté interprétation, la jeune Saoirse Ronan dégage une simplicité naturelle, une mélancolie douloureuse magnifique, alors que Stanley Tucci, affublé de perruque et moustache, est absolument inquiétant et terrifiant dans le rôle du sérial-killer, il nous dérange, nous dégoûte, et fait véritablement froid dans le dos!Dans le rôle des parents Mark Wahlberg et surtout Rachel Weisz apportent sensibilité et de pudeur à leurs personnages.
Ajoutons aussi la belle Rose McIver, en petite soeur, et la toujours délicieuse Susan Sarandon, ici en grand-mère portée quelque peu sur la bouteille et qui vient épauler les parents détruits par leur chagrin.
Un sujet sensible et délicat qui réussit à mêler réel et imaginaire à la fois en nous touchant et nous faisant frissonner, en nous fascinant tout en nous inquiétant pour une adaptation pas évidente d'un récit pas banal, assez déconcertante mais dans l'ensemble assez bien maîtrisée.
STANLEY TUCCI-DEAUVILLE 2009-Photo perso-

MA NOTE: 14/20
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