LIBERTE-Au nom de tous les miens-

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James Thierree. Marina Obradovic

Théodore, vétérinaire et maire d'un village situé en zone occupée pendant la Seconde Guerre mondiale, a recueilli P'tit Claude, neuf ans, dont les parents ont disparu depuis le début de la guerre. Mademoiselle Lundi, l'institutrice fait la connaissance des Tsiganes qui se sont installés à quelques pas de là. Ils sont venus pour faire les vendanges dans le pays. Humaniste et républicaine convaincue, elle s'arrange, avec l'aide de Théodore, pour que les enfants Tsiganes soient scolarisés.
De son côté, P'tit Claude se prend d'amitié pour Taloche, grand gamin bohémien de trente ans qui se promène partout avec son singe sur l'épaule. Mais les contrôles d'identité imposés par le régime de Vichy se multiplient et les Tsiganes, peuple nomade, n'ont plus le droit de circuler librement : Théodore cède alors un de ses terrains aux bohémiens, désormais sédentarisés.
Tandis que les enfants Tsiganes suivent les cours de Mademoiselle Lundi, P'tit Claude est de plus en plus fasciné par le mode de vie des Bohémiens - un univers de liberté où les enfants sont rois. Mais la joie et l'insouciance sont de courte durée : la pression de la police de vichy et de la Gestapo s'intensifie et le danger menace à chaque instant. Comme ils l'ont toujours fait depuis des siècles, les Tsiganes devront reprendre la route...

Vu en avant-première à l'UGC Ciné-Cité des Halles, en présence de toute l'équipe du film (sauf Marie-José Croze, absente),  le réalisateur a insisté en présentant son film sur le fait qu'il a voulu faire un film "utile", expliquant en celà qu'il ne veut absolument pas, en racontant ce fait tragique inspiré de faits réels, condamner ni juger qui que ce soit, simplement montrer pour ne pas oublier: ne pas oublier que les tziganes ont été les premiers déportés par les nazis et ont aussi été les derniers libérés, sur 2 Millions, entre 250 et 500000 auraient été ainsi mis en camps.
Le film commence par un plan osé mais fort et magnifique qui résume d'une manière toute symbolique la direction que va emprunter le récit: on y voit des barbelés qui bougent au son d'une guitare tzigane, assumant à la fois le côté tragique du sujet mais aussi la volonté de ce peuple de surpasser le malheur par la musique et la liberté de vivre, la volonté du metteur en scène de transcender l'horreur par la liberté que représente cette musique.
Toute cette famille tzigane est magnifiquement décrite et la véracité de leurs coutumes est amplifiée par le fait que ce sont de vrais gitans qui les interprètent pour la plupart.
S'il y avait deux mots pour résumer ce récit ce serait générosité et liberté, générosité des personnages, liberté de la mise en scène, mais sans occulter le contexte historique, et toutes les scènes plus classiques, à la mairie par exemple, ont forcément moins de poids et ont apparemment moins intéressé le réalisateur.
Tony Gatlif réussit un récit très lyrique parfois mais sans en accentuer trop les effets, sa patte d'auteur fait le reste, évitant ainsi les clichés inhérent à ce genre de reconstitution historique.
Et puis surtout il s'est appuyé sur une distribution vraiment superbe en haut de laquelle trône ce personnage de Taloche, ce tzigane un peu immature, fantasque, rêveur et un peu déconnecté, mais surtout en pleine communion avec la nature, courant, sautillant, sorte de grand gamin qui est interprété par le génial James Thiérrée (petit-fils de Charlie Chaplin), lequel s'est fondu à merveille dans le rôle, s'en est tellement imprégné qu'il semble vraiment être devenu un vrai gitan.
 L'acteur est époustouflant de charisme et envahit l'écran à la fois par sa grâce et sa folie burlesque, en irradiant le récit de son talent artistique, car il est pas seulement comédien, mais aussi acrobate et musicien (il joue lui-même du violon et a participé à la musique du film).
Toutes ses scènes de transe étranges et poétiques, ses courses délirantes, sont d'une merveille absolue et apportent un peu de bonheur comme pour casser le malheur des siens.
Alors bien sûr, face à un tel personnage, les rôles plus "classiques" de Marc Lavoine en maire compréhensif  pour ces nomades et devenu pour un temps leur sauveur, puis de Marie-Josée Croze en institutrice résistante, douce et délicate, paraissent un peu plus fades et leur implication moins prenante, pourtant les deux comédiens s'en sortent plutôt bien.Tout comme le méchant de service, avec la "gueule" de Carlo Brandt, ou l'éternel gentil, le grand Rufus, présenté par le réalisateur comme l'oncle idéal!
Un film qui, malgré son scénario un peu lâche parfois, ses défauts de construction, dus sans doute à l'improvisation de mise en scène, son contexte historique imposé, reste surtout un magnifique, vibrant et sincère plaidoyer pour ce peuple tzigane, un hymne à cette culture d'un peuple à part, libre dans son âme, une histoire de coeur qui réussit à nous emporter avec elle grâce à de vrais moments de grâce, le tout enrobé d'une musique -encore une fois- généreuse.
Le public a beaucoup applaudi à la fin de la séance et toute l'équipe remontée sur scène s'est congratulée, réalisant qu'ils venaient de re-vivre une émouvante et  inoubliable expérience, comme ce peuple qui n'aspirait qu'à vivre sa liberté, cette guerre n'était pas la leur, ils ne voulaient que "la vie et rien d'autre", tel pourrait être le sous-titre du film.
Un film vraiment utile, et donc à voir absolument.

L'EQUIPE DU FILM "LIBERTE"-PARIS-22 FEVRIER 2010-
MARC LAVOINE-JAMES THIERREE-TONY GATLIF-
RUFUS-MATHIAS LALIBERTE-CARLO BRANDT-
Photos persos-


MA NOTE: 15/20



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Publié dans Vu en salle-DRAME-

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