LES NOCES REBELLES-Scènes de la vie conjugale-

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Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. DreamWorks Pictures  
  Dans l'Amérique des années 50, Frank et April Wheeler se considèrent comme des êtres à part, des gens spéciaux, différents des autres. Ils ont toujours voulu fonder leur existence sur des idéaux élevés. Lorsqu'ils emménagent dans leur nouvelle maison sur Revolutionary Road, ils proclament fièrement leur indépendance. Jamais ils ne se conformeront à l'inertie banlieusarde qui les entoure, jamais ils ne se feront piéger par les conventions sociales.Pourtant, malgré leur charme et leur insolence, les Wheeler deviennent exactement ce qu'ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt ; une ménagère qui rêve de passion et d'une existence trépidante. Une famille américaine ordinaire ayant perdu ses rêves et ses illusions.
Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer, quitter leur petite routine confortable dans le Connecticut pour aller vivre à Paris...

Imaginons, le Titanic n'aurait pas coulé, Jack et Rose se seraient mariés, et on les retrouverait 11 ans plus tard...on ne peut pas, en voyant les premières images de ce film, ne pas repenser au fameux couple mythique d'il y a 11 ans, et pourtant rapidement on oublie, de suite on est dans une autre dimension, pourtant dans une histoire apparemment banale d'un couple ordinaire.
Ce couple a tout pour réussir, ils sont jeunes, beaux, ont une bonne situation, une belle petite maison, deux beaux enfants...le couple idéal! Trop idéal peut-être...car ces apparences cachent des maux profonds chez les deux époux, dix ans après, lui se morfond dans la routine de son emploi et elle qui rêvait d'une vie d'artiste mais doit vite constater qu'elle n'est pas prête à celà (magnifique scène du début, on passe d'un plan sur leurs visages encore adolescents à un gros plan sur le regard plus mur de Franck assistant au naufrage artistique d'April) , elle est  à présent devenue une "ménagère" quelconque.Toutes leurs belles illusions de leurs 20 ans ont été écrasées par cet inextricable conformisme.
Le grand mérite du réalisateur, en adaptant le roman Revolutionnary Road / La Fenêtre panoramique de Richard Yates (le titre français est un peu plat à mon sens), est de nous restituer par petites touches cette crise inévitable dans ce couple qui a raté ses rêves, même le destin va se mettre en travers de leur route, alors qu'ils tentent dans une ultime tentative, pour une dernière chance,  de refaire leur vie à Paris,  comme pour revenir au début de leur liaison (une autre illusion) un évènement personnel va tout remettre en question.
Alors que lui se réfugie dans le boulot, à travers une promotion,  elle devient de plus en plus aliénée, alors l'affrontement devient inévitable, les disputes s'enchaînent, même si on tente de faire face et de faire "comme si" tout allait bien, voir la scène formidable du petit déjeuner dans laquelle April tente d'une façon très mécanique de redevenir l'épouse modèle et attentionnée.
Aussi, parce qu'ils souffrent, qu'ils étouffent, ils doivent tenter l'amour ailleurs, lui avec une stagiaire, elle avec le voisin, mais dans l'urgence et le désespoir.
C'est un film sur la dureté, la difficulté à vivre en couple, sur la cruauté de la routine et du conformisme ambiant, sur les mensonges et les non-dits, et autres trahisons conjugales.
En celà si le film est très lent, il n'est jamais ennuyeux, car s'il n'y a pas vraiment de suspense à première vue, il y a une telle intensité psychologique qui s'en dégage, tous les regards, les gestes, pèsent et nous émeuvent, il représente parfaitement ce sentiment d'étouffement de ce couple qu'on dissèque et qui se désagrège sous nos yeux, et toutes les scènes sont parfaitement enveloppées dans une petite musique pénétrante, on est touchés, émus, mais jamais on n'est dans le larmoyant.
Et bien sûr tout est axé sur les deux personnages, alors on doit faire ressortir le talent des deux interprètes: le choix de Leonardo DiCaprio et de Kate Winslet est en celà judicieux, car ils se sont connus personellement jeunes, et leur complicité en devient presque naturelle à l'écran, l'alchimie est parfaite.
Kate Winslet a le rôle le plus fort, dans le sens où son personnage de mélancolique, qui a cru en ses rêves et devient dépressive, éternelle insatisfaite de la vie, évolue vers une espèce de "folie", elle est désarmante dans toutes ses scènes,  Leonardo DiCaprio dans celui du mari plus faible, moins mûr et qui refuse souvent de voir la vérité en face, est encore une fois excellent, aussi bien dans ses scènes de colère terrible que dans ses regards désespérés de fin, et quel charisme ils dégagent!
De magnifiques et beaux comédiens qui crèvent l'écran de leur performance toute en finesse et en pudeur!
Ils sont tous les deux bouleversants de sincérité et de douleur, dans ce drame intimiste parcouru par une noirceur assez désespérante.
On n'oublie pas non plus les seconds rôles, comme Kathy Bates en voisine un peu commère, et surtout son fils, personnage étrange qu'on fait passer pour fou mais qui semble être le seul à dire les quatre vérités dérangeantes au couple, il leur révèle leur "insignifiance désespérante", ses interventions déclenchent à chaque fois la colère de Franck, il est aussi magistralement interprété par Michael Shannon.
Ce drame qui arrive à ce couple, en apparence modèle et qui à trop vouloir briser les règles va se briser lui-même, aussi lorsque survient l'issue terrible certes attendue mais inéluctable,  tous veulent l'oublier, à l'image du voisin qui supplie son épouse de ne plus jamais parler d'eux, ou du mari de la propriétaire de la maison qui, lui aussi, dans la dernière image du film,  baisse le son de son sonotone pour ne plus écouter son épouse évoquer le couple maudit.Ils veulent eux faire semblant de croire encore à la douceur de leur confort et à leur bonheur conformiste.
Comme un apaisement,enfin.
Sous ses apparence de film classique et formaté, se dégage avec finesse et psychologie une peinture acide et cruelle du couple, magnifiée par un duo d'acteurs virtuoses.
Histoire des mirages de la vie, superbe et renversante , c'est bouleversifiant!

LEONARDO DICAPRIO-CANNES 2002-Photo perso-

MA NOTE:17/20




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Publié dans Vu en salle-DRAME-

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F
Une interprétation au top, Michael Shannon justement nommé aux Oscars mais ni Kate, ni Leonardo, ni Kathy : incroyable ! Autrement une déception, je me suis ennuyé...
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