LES PETITS MOUCHOIRS-Les copains d'abord-

Publié le


Benoît Magimel et François Cluzet. EuropaCorp Distribution

A la suite d'un événement bouleversant, une bande de copains décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les "petits mouchoirs" qu'ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.

On a beaucoup vu, lu, et entendu sur ce troisième film de Guillaume Canet.Certains ont adoré, d'autres détesté, personnellement j'ai bien adhéré à ce qui est plus un film d'acteurs réalisé par un acteur qui, on le voit, aime ses comédiens et le leur rend bien en les filmant amoureusement.
Car c'est vrai que pour le reste on a déjà vu mille fois ces histoires d' "amis pour la vie", un peu comme le chante Aznavour "Mes amis, mes amours, mes emmerdes", des amis de 15 ans réunis pour les vacances, où leurs caractères vont ressortir, leurs angoisses, leurs doutes, leurs problèmes amoureux vont exploser.Ici on a rajouter le côté dramatique en suspens, avec l'accident d'un des leurs, qui pèse comme une chape de plomb sur leurs certitudes et leur bonheur apparent.
Malgré la longueur apparente du film (2h34!) qui pouvait rebuter et faire redouter des longueurs, on est finalement toujours intéressé, grâce à un habile va-et-vient entre scènes de comédie et scènes d'émotion, et ici ce sont plutôt les hommes qui ont les premiers rôles, les femmes, plus en retrait, semblent subir et l'ensemble est peut-être un peu trop macho finalement, seule le personnage de Marion Cotillard (qui à nouveau pleure comme personne) est bien travaillé, avec douceur et sensibilité.Il faut voir  qu'elle est filmée avec tendresse par son amoureux.
Si le scénario n'est pas toujours à la hauteur et si certaines scènes sont lourdes et trop appuyées, elles sont sauvées et magnifiées par les acteurs, tous excellents dans des rôles il est vrai un peu trop parfois stéréotypés, à la limite de la caricature, mais dans lesquels finalement chacun se retrouvera un peu, à commencer par François Cluzet, toujours parfait (mais çà devient un pléonasme, çà ne surprend plus!), ici dans la peau d'un écorché vif, à fleur de peau, un peu névrosé, maniaco-bougon, mais c'est surtout Gilles Lellouche, à la fois grande gueule et très touchant, et encore plus le magnifique Benoit Magimel, qu'on retrouve enfin après un passage assez vide, ici émouvant de sensibilité derrière sa carapace virile, qui surprennent agréablement et passionnent dans leurs rôles.
Dommage, alors que Valérie Bonneton révèle un caractère comique bien trempé,  que des actrices comme Pascale Arbillot, Louise Monot ou Anne Marivin soient un peu sacrifiées, mais elles apportent beaucoup de douceur au récit, comme est sacrifié le personnage de Ludo, dont on parle beaucoup mais dont on ne sait pas grand-chose, interprété par un Jean Dujardin qui fait ici de la dé-figuration!
Quand à la fin, évidemment attendue, elle tire un peu trop vers le larmoyant, mais malgré tout on est pris aux tripes par l'émotion dégagée, et là il faut sortir ses petits mouchoirs pour essuyer ses grosses larmes!
Malgré un certain manque de relief et de profondeur, comme la description de l'attirance du personnage de Vincent pour Max, une mise en scène parfois insistante (comme cette manière  redondante de mettre des chansons américaines pop par dessus les dialogues) ça reste une bonne tranche de vie, un film de "potos",  dans l'air du temps, divertissante, souvent généreuse et touchante, surtout relevée par un casting épatant.


MA NOTE: 14/20




Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article