DOG POUND-Les hauts murs-


Davis, 16 ans, trafic de stupéfiants.
Angel, 15 ans, vol de voiture avec violence.
Butch, 17 ans, agression sur un officier de probation.
Une même sentence : la prison pour délinquants juvéniles d'Enola Vale.
Arrivés au centre de détention, ils devront choisir leur camp, victime ou bourreau.
Après "Un prophète", autre insertion dans le milieu carcéral, voici un autre point de vue, particulièrement l'immersion de trois adolescents dans un milieu féroce et implacable, un monde sans pitié.
Ces trois pré-adultes incarcérés pour quelques mois, vont subir le loi des caïds, devoir soit se taire soit s'imposer.On va vivre les humiliations des uns, la rebellion des autres, les émeutes, la fatalité aussi (avec le maton à qui l'on vient de refuser un jour de congé pour l'anniversaire de sa fille et qui, à cran, va provoquer l'irréparable) avec l'inévitable spirale de la violence déchainée.Un univers où chacun doit définir ses propres règles.
Avec son style documentaire, sans concessions, sans fioritures, avec pour la plupart des acteurs non professionnels, c'est un vrai constat "coup de poing" que nous jette à la figure le réalisateur Kim Chapiron, bien sûr c'est souvent hyper violent, à la limite du soutenable même, mais jamais une violence gratuite, totalement en adéquation avec son sujet, et finalement on souffre avec ces trois "chiens perdus sans collier" perdus dans cette fourrière, grâce à un traitement clinique du sujet, qui percute et fait froid dans le dos.Grâce aussi à l'interprétation époustouflante de réalisme des trois principaux interprètes, notamment Adam Butcher, dans le rôle de Butch, révolté dont la colère refoulée et les pulsions longtemps intérieures et étouffées vont éclater comme une soupape qui explose.On n'oubliera pas son regard, à la fois d'ange et de chien enragé, rempli d'intensité, son charisme aussi, ainsi que celui de tous ses co-détenus, tous exceptionnels de densité et de présence.
Efficace autant dans sa mise en scène que dans son traitement psychologique des personnages, à partir d'un scénario pas novateur ni vraiment original, le film réussit l'exploit de nous prendre aux tripes, grâce à un traitement de choc, tout en touchant et laissant entrevoir par moments des lueurs d'espoir, des moments fugaces de rires et de bonheur, notamment lors des rares échappées extérieures, le tout adouci par une belle musique, jusqu'à cette fin terrible, avec, après une fugace sensation de liberté pour Butch, cette porte qui se referme à présent pour de longues années, destin cruel et sans pitié, comme une claque.
Le film, sans délivrer de vrai message, dresse le terrible constat de ces jeunes livrés à eux-mêmes dans cet enfer, en montrant l'engrenage de la violence et la difficulté à devoir se refaire une virginité, à se réinsérer, avec la force d'un réalisme implacable, le tout servi par des interprètes transcendés.
MA NOTE: 15/20
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