THE READER-Jugée coupable-

Allemagne de l'Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle.
Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture.
Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien.
Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé.
Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusés.
Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour...
Tiré du roman de Bernhard Schlink, paru en 1995, ce film, très classique dans sa forme et dans son fond, mêle deux sujets à priori sulfureux: d'abord la relation d'une femme d'âge mûr avec un adolescent (à peine16 ans), bousculant la morale, et surtout la participation aux crimes nazis, remuant un passé douloureux.Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle.
Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture.
Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien.
Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé.
Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusés.
Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour...
La première partie, très lumineuse, joliment filmée, nous transporte en 1958, l'adolescent rencontre par hasard cette femme de 35 ans, avec laquelle il va s'éveiller au désir charnel, et vivre avec elle une première passion amoureuse, pure et intense, sans la connaître vraiment (il ne lui demande son prénom qu'au bout de trois jours), tandis que lui va l'éveiller à la lecture, et cette histoire va marquer à jamais son existence et pour cause! il découvre quelques années plus tard qu'elle était gardienne de camps nazis pendant la guerre et qu'elle aurait été ainsi responsable de l'envoi à la mort de centaines de personnes.
La deuxième partie, plus sombre, dramatique et explicative, nous montre le procès et la déchéance de cette femme, cliniquement, sans prendre parti.
Comment vivre avec un tel poids, comment pouvoir concevoir l'innommable, comment pouvoir oublier en même temps un amour si beau, qu'aurions-nous fait et pensé à la place de Michael?Peut-on oublier l'amour de quelqu'un, fut-ce t'il un monstre?
Le film doit sa réussite au fait qu'il évite plusieurs pièges: d'abord celui du mélo, lacrymal et sentimental qu'il aurait pu être à tort, ensuite celui de trop bien définir le bien du mal, de montrer quelconque rédemption, ici le mal est si insidieux dans la vie de cette femme ordinaire qui a choisi ce chemin terrible dans sa vie qu'on en est constamment troublé , on se met alternativement dans la peau de l'un des deux personnages, alors même qu'on est pleinement conscient des atrocités commises par Hanna, on est presque ému par son personnage pourtant terrible,comment aurions-nous vécu face à celà, dans un tel contexte?
Et comme Michael, lors de la visite en prison, refusant d'affronter la vérité en face, préférant rester sur l'image de la femme amoureuse et "inconnue", cette passion brûlante qu'il ne peut effacer, réalisant aussi les conséquences des actions d'Hanna en visitant un camp, avec ces milliers de chaussures entassées, vision o combien symbolique et dérangeante!
La belle et talentueuse Kate Winslet offre à nouveau avec ce rôle très fort une composition superbe, à la fois tragique, mystérieuse, sensuelle ( elle retrouve avec son jeune amant une innocence perdue, une liberté), puis ensuite perdue dans un silence résigné, n'excusant rien, les traits marqués, brisée, elle mérite l'Oscar comme elle le méritait autant d'ailleurs pour Les Noces Rebelles, deux superbes rôles à son actif cette année!
David Kross, lui, est la révélation, avec son côté innocent, un visage à priori assez lisse et pourtant très expressif, très bien pour le rôle, excellent comédien, avec une sensualité juvénile bien utilisée et une émotion touchante, une rage intérieure, bien restituées lors de son passage à l'âge adulte.
Quand à Ralph Fiennes, qui reprend le rôle adulte, il apporte aussi tout son charisme et sa sensibilité à ce personnage brisé par un amour déçu mais inoubliable.
Le tout est traité d'une façon assez sobre, sans excès dans le pathos, et ose aborder un sujet encore brûlant, la responsabilité des simples gens dans la participation aux crimes de guerre.
Un film intimiste réussi qui, sans être le chef d'oeuvre annoncé ici ou là, nous émeut et nous laisse finalement sur un sentiment perturbant assez effrayant.Un récit qui continue à hanter après sa projection.
On pense alors à la chanson de Goldman "Né en 1917 à Leidenstadt": (extrait)
...
On saura jamais ce qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau?
Ou le pire ou plus beau?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots?
Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp
MA NOTE: 16/20
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