SOEUR SOURIRE-Vivre sa vie-

Jeannine Deckers, alias Soeur Sourire, est devenue un mythe
international avec ses deux millions d'albums vendus en 1963 et cette
chanson Dominique, qui a plané au-dessus des Beatles ou d'Elvis
Presley dans les hit-parades du monde entier. Mais qui était réellement
Soeur Sourire ? Le récit bouleversant d'une femme touchante, pleine de
doutes et d'enthousiasme, en quête de l'amour...
A nouveau un biopic, ici un film franco-belge relatant le parcours dramatique de cette religieuse propulsée au rang de star et qui en voulant vivre sa vie connaitra une fin tragique.Le film est divisé en deux parties: la première qui part de son adolescence, la difficulté qu'a cette jeune fille à trouver sa place et à vivre dans un monde dans lequel elle ne peut s'exprimer, tiraillée entre ses parents (une mère autoritaire et peu aimante, un père absent, silencieux) et une recherche de la sexualité, une ambiguïté qu'elle a du mal à assumer (une fille est amoureuse d'elle mais elle refuse de vivre celà), tout celà l'étouffe.Aussi décide-t-elle de rentrer au couvent, plus pour trouver une nouvelle liberté, pour s'affranchir du monde extérieur (sa mère d'ailleurs lui dit qu'elle devient nonne parce qu'elle refuse d'affronter la vraie vie), que par conviction religieuse.
Mais elle y trouve alors à nouveau un enfermement, une privation de ses envies de liberté, qu'elle va réussir à briser par la musique.Aussi lorsqu'on lui propose, après la révélation de sa voix et de ses rengaines, un contrat juteux (surtout pour l'Eglise et les maisons de disque!), elle va se laisser entraîner dans le tourbillon médiatique.
La deuxième partie nous la montre quittant les ordres pour tenter de vivre sa passion, de vivre de sa passion, mais la descente aux enfers sera terrible!Tout le monde l'a oublié, l'alcool et les substances l'aident à survivre, elle va croire aux lendemains qui chantent mais tomber sur un producteur peu scrupuleux dans une tournée au Canada désastreuse jusqu'à choisir de vivre aussi sa mort avec son amie, la seule finalement qu'elle a aimée.
Beaucoup de pudeur et de tact pour évoquer ce destin brisé, une mise en scène toujours fluide, très classique mais souvent émouvante, sans être tire-larmes, à l'image de Soeur Sourire, comme dans la magnifique évocation de son suicide, comme dans un envol, lorsqu'elle reçoi tavec son amie, hystériques de fausse joie, l'huissier venant lui notifier leur convocation pour impayés, puis des volets qui se ferment à jamais sur une vie volée (elle n'a jamais touché un centime du succès de ses disques), une vie gâchée, une vie qu'elle n'a pas pu vivre comme elle le voulait.
Magnifique interprétion de Cécile de France, elle s'est appropriée le rôle d'une manière remarquable, à la fois touchante, légère et profonde, son côté ambigu fonctionne très bien, plus son charme naturel et sa folie de caractère qui correspondent bien au personnage.Elle est à tour de rôle lumineuse et rêveuse, tout en enchantement, puis dans la deuxième partie perdue, désenchantée, errant comme un fantôme.Magnifique comédienne.
A ses côtés des acteurs belges formidables, comme ceux qui interprètent les parents, et surtout la bouleversante Sandrine Blancke, dans le rôle de la femme de sa vie, tout en retenue et en profondeur.
Un portrait très réussi d'une femme complexe et difficile à cerner, qui n'aura jamais pu s'assumer et vivre vraiment ce qu'elle était dans un monde qui l'a à la fois rejetée et corrompue.
Et un refrain, tout bête mais charmant, qui trotte dans la tête, "Dominique, nique, nique..."
CECILE DE FRANCE-CANNES 2006-Photo perso-

MA NOTE: 15/20
Publicité