TETE DE TURC-Collision-

Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s'enchaînent et tous seront entraînés par l'onde de choc.
Vu en avant-première à l'UGC Paris-Les Halles en présence de toute l'équipe du film (voir photos ci-dessous) qui est venue à la fin de la projection pour répondre aux questions des spectateurs, réagissant à chaud sur le film, lesquelles questions n'étaient pas très intéressantes mais sur lesquelles les participants au film ont rebondi pour parler du travail fait sur le film.
Pascal Elbé, comédien-scénariste, qui livre ici sa première réalisation, a insisté sur le fait que tout en s'appuyant sur une réalité très actuelle il n'a pas voulu faire un film moraliste ni donner un jugement quelconque mais simplement, à partir d'une trame inspirée de faits réels, présenter son drame comme un thriller humain, en mêlant plusieurs personnages dans ce destin tragique, dans une collision d'évènements, un peu à la manière de Innaritu (pour la collision des personnages) ou de James Gray (pour l'importance des liens familiaux).
Il a insisté sur le fait qu'il a pu s'entourer d'acteurs qu'il aimait beaucoup pour différentes raisons, Roschdy Zem étant une évidence, ensemble ils ont déjà collaboré pour plusieurs films, et tous ces acteurs sont comme ses "oiseaux" (référence à Hitchcock).
Pour un premier film le sujet était ambitieux, en tout cas pas banal, et le réalisateur s'en sort plutôt pas mal, en délivrant un vrai thriller social, mais peut-être souffrant par moments de trop vouloir démontrer, la faute aussi à un scénario mêlant moultes personnages, donc forcément pour certains pas assez fouillés, à l'image du veuf inconsolable qui cherche une vengeance personnelle, interprété par le superbe Simon Abkarian, malheureusement pas assez exploité.
Heureusement la plupart des interprètes sont bien dans leurs rôles et nous touchent, même si, dans le rôle de "celui par qui le scandale arrive", à la fois provocateur dramatique, puis héros, victime, le jeune Samir Makhlouf, au physique certes très cinématographique pour le rôle, manque de relief lorsqu'il s'exprime, dommage car ses scènes enlèvent un peu de l'intensité nécessaire au récit, et c'est très dommageable vu qu'il est le pion principal du récit, celui autour duquel gravite tous les autres personnages. Quand à Pascal Elbé (en médecin urgentiste qui semble vouloir pardonner) et surtout l'intense et magnifique Roschdy Zem (en policier au lourd secret familial et voulant rendre justice à son frère meurtri), ils sont eux parfaits dans les rôles des frères arméniens, tout comme la "diva" Ronit Elkabetz, en mère turque fière, battante et courageuse, qui préfère voir le côté héros de son fils plutôt que ses faiblesses, l'ensemble nous permettant d'être pris par l'histoire même si on est pas assez précipité dans le vertige du drame humain qui les relie douloureusement, on aurait aimé être plus saisi par l'intensité du sujet.
De plus niveau mise en scène, le réalisateur use d'effets inutiles comme ces fondus au blanc assez agressifs, on aurait préféré plus d'intimité et de simplicité parfois.Quand à la fin elle est à la fois surprenante et laisse en même temps perplexe.
Mais le vrai atout du film c'est son rapport à l'humain, pour tous ici c'est une affaire de conscience, et en celà on a droit à un vrai film humaniste qui donne envie de croire à la force des sentiments, à la foi en l'homme, par delà les problèmes sociaux et culturels.
Un thriller assez puissant qui reste attachant et touchant de par son sujet sensible, grâce à l'intensité réaliste de l'ensemble et la force persuasive de ses interprètes mais qui manque d'une véritable patte de cinéaste, alors pour un premier film çà passe.On attend le prochain!

FLORENCE THOMASSIN-RONIT ELKABETZ-ROSCHDY ZEM-SIMON ABKARIAN-PASCAL ELBE-Photos persos-

MA NOTE: 13/20
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