VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU-La grande illusion-

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Anthony Hopkins et Naomi Watts. Warner Bros. France

Tout commence une nuit, lorsqu’Alfie se réveille, paniqué à l'idée qu'il ne lui reste plus que quelques précieuses années à vivre. Cédant à l'appel du démon de midi, il met abruptement fin à quarante années de mariage en abandonnant sa femme Helena. Après une tentative de suicide et une analyse vite arrêtée, celle-ci trouve un réconfort inattendu auprès d'une voyante, Cristal, qui lui prédit une histoire d'amour avec un "grand inconnu tout de noir vêtu"…

Voici le Woody Allen annuel, déjà présenté au dernier Festival de Cannes hors compétition, à nouveau un vaudeville amoureux, destins croisés de principalement sept personnages, où le destin et l'illusion jouent un rôle important. Ce qui est bien chez Woody Allen c'est qu'il arrive à parler de choses assez douloureuses mais toujours avec beaucoup de légèreté, légèreté dans l'esprit, dans la mise en scène jusque dans la musique de fond  (à nouveau du jazz), c'est traité sur le ton de la comédie mais avec toujours un fond assez noir, une noirceur qui semble se dessiner derrière l'édifice chancelant et qui dans le dernier quart d'heure se révèle totalement.
L'amour face au temps qui passe, le couple face à la tentation, et à chaque âge ses illusions (« les illusions agissent souvent mieux que les remèdes » nous dit le réalisateur) et ses doutes aussi, ses erreurs, reconnues ou pas, ses espoirs d'une vie meilleure, vite balayés pourtant par le pessimisme ambiant du réalisateur, c'est souvent délicieux car aérien comme toujours, empreint aussi de mélancolie et de réalisme face à ce monde qui n'est fait finalement que "de bruit et de fureur".
On passe allégrement d'un personnage à l'autre, sans parvenir pour autant à s'attacher plus à l'un ou l'autre, et c'est peut-être aussi la limite du film, malgré le talent d'acteurs chevronnés tous excellemment dirigés, qui délivrent avec un plaisir évident des dialogues sur mesure, car sur ce plan-là le réalisateur nous sert un casting de rêve, que ce soit Naomi Watts, Anthony Hopkins (touchant en homme hanté par sa vieillesse qu'il refuse d'assumer), Josh Brolin, Gemma Jones (délicieusement intemporelle et surannée) voir Antonio Banderas  plus en retrait pourtant.
Plus le charme de la belle Freida Pinto et la révélation du film,Lucy Punch,  impayable en bimbo un peu simplette.
Du pur Woody Allen, très satirique essai sur son exploration éternelle des relations humaines et souvent amer et désespéré aussi sous ses airs boulevardiers, où le destin est toujours plus fort que les prédictions, sans surprise certes mais bien rythmé car souvent très drôle et touchant.
Ou l'art et la manière de parler des choses de la vie avec une légèreté de ton et d'esprit qui n'appartient qu'à lui.
Certainement pas le meilleur cru de son auteur, moins spirituel, en dessous par exemple du très bon "Whatever works", mais un Woody Allen même mineur reste très plaisant, se boit comme du petit lait, c'est très frais et çà passe très bien!




MA NOTE: 14/20
 


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