UN BALCON SUR LA MER-Secrets et mensonges-

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Jean Dujardin et Marie-Josée Croze. EuropaCorp Distribution

Dans le sud de la France, Marc, marié et père de famille, mène une vie confortable d'agent immobilier. Au hasard d'une vente, il rencontre une femme au charme envoûtant dont le visage lui est familier. Il pense reconnaître Cathy, l'amour de ses 12 ans dans une Algérie violente, à la fin de la guerre d'indépendance. Après une nuit d'amour, la jeune femme disparaît. Au fil des jours un doute s'empare de Marc : qui est vraiment celle qui prétend s'appeler Cathy ? Une enquête commence.

Ce nouveau film de Nicole Garcia est une sorte de thriller psychologique, sur fond de mémoire oubliée, de passé douloureux expulsé ou effacé, jouant sur le thème de l'identité, à travers le prisme de secrets, mensonges et autres non-dits d'une enfance ici perturbée par un contexte politique difficile (l'Algérie de 1962).
Ce balcon sur la mer (titre bien trouvé, très poétique et romantique), c'est cette résurgence des souvenirs, ce saut que va devoir faire Marc dans sa mémoire pour retrouver enfin la lumière de son enfance, avec à la fois le beau et le douloureux.
Le problème du film est son côté un peu bancal qui l'empêche d'être le chef d'oeuvre romanesque qu'il aurait pu être et que la première partie laissait amplement espéré: car au début tout est subtilement mis en place, la présentation lente mais subtile des personnages, puis le mystère, le trouble, les doutes, puis après une explication trop tôt révélée par le scénario, plus et surtout à cause de l'intrusion d'une histoire de magouille immobilière sans grand intérêt et surtout très mal amenée, qui vient casser une atmosphère jusque là superbe et troublante, plus l'aventure amoureuse pas vraiment crédible entre l'arnaqueur et la jeune femme, tout retombe alors comme un soufflet et la deuxième partie, plus enquête classique que véritable intrigue sentimentale, déçoit terriblement, heureusement rehaussée par une fin révélant un Dujardin
touchant , retrouvant son identité en retrouvant son pays d'origine, "je m'étais perdu" dit-il dans une dernière scène assez surprenante.
Dommage car d'énormes qualités ressortent de cette histoire de premier amour d'enfance cassé, inachevé, puis refoulé, à travers aussi les flash-backs réguliers mais jamais insistants, superbement mis en scène, aussi bien interprétés par des jeunes acteurs concernés, bien choisis physiquement et très crédibles, avec beaucoup de charme et d'émotion, de pudeur, de douleur aussi, le tout restitué sans pathos.
Jean Dujardin est magnifique de sobriété et de puissance intérieure, d'abord troublé par cette enfance qui lui rejaillit brusquement à la mémoire, comme une nostalgie douloureuse, il est superbe dans ses scènes où on le sent à fleur de peau, puis cherchant à trouver la vérité qui lui échappe, il impose une superbe présence d'acteur avec son charisme évident, un jeu juste et sensible, souvent bouleversant; et Marie-Josée Croze, belle et mystérieuse, d'abord intrigante dans un rôle de femme fatale, assez envoutante, un peu inaccessible et difficile à cerner,  manipulatrice, puis beaucoup plus touchante dans la seconde partie, dommage alors qu'une telle actrice aussi lumineuse que Sandrine Kiberlain soit ici ous-employée et totalement sacrifiée en épouse effacée.Elle mérite beaucoup mieux.Quand à Claudia Cardinale, elle n'a droit qu'à une pauvre scène!
Nicole Garcia réussit donc à trois-quart son film, voulant sans doute trop emmêler les intrigues, tuant un peu en celà la passion qui est le centre d'intérêt du film, alors qu'elle aurait du s'en tenir à ce côté romanesque et mystérieux, pourtant l'ensemble est touchant et filmé avec finesse, délicatesse et élégance, subtil dans l'exploration des sentiments, avec deux acteurs parfaits et intenses, incarnant deux êtres qui se sont perdus à un moment important de leur vie, insufflant à merveille l'essence du parfum enivrant de l'enfance, à travers cette en-quête d'identité et la confrontation passé-présent.
Un véritable thriller sentimental,  parfois maladroit mais assez bouleversant et envoûtant.

JEAN DUJARDIN-PARIS-MARS 2009-Photo perso-


MA NOTE: 14/20



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Publié dans Vu en salle-DRAME-

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