L'ARBRE-Les racines du coeur-

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En Australie, Dawn et Peter vivent heureux avec leurs quatre enfants à l'ombre de leur gigantesque figuier. Lorsque Peter meurt brutalement, chacun, pour continuer à vivre, réagit à sa manière. Simone, la petite fille de 8 ans, croit que son père vit à présent dans l'arbre. Un jour, elle initie Dawn à son secret... Peu à peu Dawn retrouve des forces, un travail. Peut-être un nouvel amour ? La vie reprend mais l'arbre devient envahissant : ses branches, ses racines, et même son peuple de grenouilles et de chauves-souris se lancent à l'assaut de la maison et menacent ses fondations ! Dawn n'a plus le choix : elle doit le faire abattre...

Vu en avant-première en présence de la réalisatrice et de ses deux co-productrices, mais sans Charlotte Gainsbourg retenue sur le tournage du nouveau film de Lars Von trier au Danemark, ce film de Julie Bertuccelli qui est adapté du livre de Julie Pascoe  L'Arbre du père, avait fait la clôture du dernier Festival de Cannes, d'où en étaient revenus de magnifiques échos, effectivement à la vision de cette oeuvre, on se demande pourquoi il n'a pas été présenté en compétition, d'où il aurait pu ramener par exemple un prix de la mise en scène.
Dès les premières images, avec ces épis de blés balayés par le vent, on est immergés dans cette nature australienne, belle et sauvage, envahissante et aussi enveloppante.Jusqu'au bout de l'histoire on est pénétré et enveloppé dans cette atmosphère, on est enraciné à l'image de cet arbre, magnifique figuier géant, à la fois protecteur, mais inquiétant et envahissant, avec au départ un fonds narratif triste (la mort brutale du père) mais jamais mélo ni larmoyant (d'ailleurs lors du rassemblement familial pour les funérailles, personne ne pleure, "ils sont trop tristes pour pleurer" dit la petite fille à sa copine qui lui demande pourquoi personne ne pleure), toujours porté vers la renaissance et l'espoir d'une vie meilleure.
A la fois récit d'un deuil et belle fable sur la vie et la transmission familiale, le côté mystérieux et fantastique de l'histoire, sans être trop appuyé, apporte beaucoup de poésie et de mélancolie, et finalement c'est la nature qui dirige tout, c'est elle qui va dicter sa loi, et à la fin c'est elle seule (impressionnante séquence du cyclone!) qui va décider du déracinement définitif et forcé de la famille, sans maison mais apaisée et prête enfin à faire le deuil du père.En plus de cet arbre et des paysages magnifiques, la réalisatrice utilise aussi magnifiquement les animaux, comme cette scène cocasse avec les grenouilles dans les toilettes ou celle assez étrange de la chauve-souris dans la cuisine!
Une histoire simple et belle, portée par une interprétation en osmose totale avec le sujet: en dehors de l'arbre (filmé avec à la fois sa magnificence, son mystère, ses recoins, ses refuges), pivot central du récit, de tous les enfants qui jouent très justes, on retiendra bien évidemment les deux personnages principaux qui sont la lumière intérieure du récit: la mère, avec toute la grâce de Charlotte Gainsbourg (la réalisatrice a précisé qu'après avoir pensé à une actrice australienne le choix de l'actrice française s'était vite imposé pour elle, d'ailleurs dans l'histoire comme dans la vraie vie elle est de père français et de mère britannique) l'actrice est superbe de naturel, très sobre mais aussi très sensible, à la fois calme et en colère contre cette terrible injustice de la vie, se réfugiant dans cet arbre pour communiquer encore avec l'être aimé, comme lui a indiqué en secret sa fille, interprétée avec un naturel et une justesse désarmantes par la très jolie Morgana Davies, étonnante de maturité, elle irradie l'écran, elle seule qui veut vivre encore avec son père, comme une réincarnation possible, "il faut vivre avec les vivants" lui dit son grand frère, "et aussi les morts" lui rétorque sa soeur, avec à la fois son côté sauvage et la fraîcheur de l'enfance.
Plus le parfait Marton Csokas, aux faux-airs de Clive Owen, en nouvel amant, apportant douceur et réconfort à la mère.
Un autre coup de coeur de cet été, encore un beau film français, une magnifique histoire, tragique mais lumineuse, traitée avec élégance et justesse, sur la communion entre la nature et l'humain, à travers le prisme de la symbolique du deuil,  filmée dans un décor naturel qui nous envoûte et nous enveloppe de son mystère, comme ces racines terrifiantes et difficiles à cerner.



MA NOTE: 16/20


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Publié dans Vu en salle-DRAME-

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F
Magnifique!Un très beau film pas du tout pathos malgré le sujet. Charlotte Gainsbourg dont le duo avec la jeune Morgana Davies illumine le film.
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G
Je vais le voir demain, je suis très, très, très pressé!!!
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F
Je viens de le voir, c'est magnifique !
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