L'ARMEE DU CRIME-L'affiche rouge-

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Simon Abkarian et Virginie Ledoyen. Stéphanie Braunschweig
 
Dans Paris occupé par les allemands, l'ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d'un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu'ils aiment, celle des Droits de l'Homme.
Dans la clandestinité, au péril de leur vie, ils deviennent des héros.
Les attentats de ces partisans étrangers vont harceler les nazis et les collaborateurs. Alors, la police française va se déchaîner, multiplier ses effectifs, utiliser filatures, dénonciations, chantages, tortures...
Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944.
Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une Armée du crime, leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays. Ces immigrés, morts pour la France, entrent dans la légende.
C'est cette belle et tragique histoire que raconte le film.
Robert Guédiguian, lui-même d'origine arménienne, était bien évidemment le réalisateur rêvé pour relater ce fait historique de la deuxième guerre mondiale, l'action de ce groupe de 23 hommes et femme, d'origines diverses,  souvent très jeunes, et dirigés par un arménien, Manouchian, poète idéaliste, portés ensemble par la défense des libertés et des droits de l'humain, symbole de la Résistance à l'ennemi, et qui pourtant ont été un peu oubliés des manuels historiques.
Heureusement  des intellectuels comme Aragon les ont réhabilités, comme avec son poème "L'affiche rouge", repris aussi en chanson par Léo Ferré.
Bien sûr pour traiter un tel sujet, il fallait à la fois être assez fidèle à la réalité historique (quoique le réalisateur se permet quelques modifications chronologiques pour booster son récit, il s'en excuse à la fin du film) et en même temps passionner par le déroulement du scénario et l'évolution des personnages.
Et c'est cette fusion à la fois de la réalité historique et du traitement cinématographique qui permet au film d'être passionnant et linéaire, de ne jamais sombrer dans le didactique, tout en nous sensibilisant à ce fait, en nous bouleversant sans en rajouter, tout en sobriété.
L'itinéraire de ce groupe de résistants est surtout basé sur 3-4 personnages, de plus on ne se concentre pas uniquement sur leurs faits d'armes ou sur leur engagement, on les voit aussi dans leur vie intime, ce qui les humanise encore plus, et l'occasion est aussi de révéler une excellente direction d'acteurs:en tête du réseau, le convaincant Simon Abkarian en poète non-violent, "du côté de la vie" comme il le dit,  marié à la douce et lumineuse Virginie Ledoyen, la rage d'écorché-vif du trop rare Robinson Stévenin, pas dupe du sort fait à sa famille, qui prend parti pour la violence, la vengeance,  la colère violente de Grégoire Leprince-Ringuet, et beaucoup d'autres rôles comme le toujours parfait Jean-Pierre Darroussin en collabo à la fois odieux manipulateur, ordure sans âme et policier blasé.
Quelques scènes très fortes restent dans les mémoires, comme celle de la grenade, style western, avec le suspense comme il faut.
Un film, pas trop scolaire mais pédagogique quand même, assurément populaire, lumineux et sombre, au sujet grave et profond, sur l'engagement idéaliste, le sacrifice, qui contribue au devoir de mémoire mais qui reste aussi visible et fort dans sa forme que dans son fond, une histoire pleine d'authenticité,  romanesque et lyrique juste comme il faut, magnifiée par de vrais comédiens,  une belle réussite!A voir!
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

(extrait de "L'affiche rouge" d'Aragon)

MA NOTE: 15/20


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Publié dans Vu en salle-DRAME-

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