LE RUBAN BLANC-L'enfance du mal-

Voici enfin sur nos écrans (circuit très réduit d'ailleurs) la dernière Palme d'Or du Festival de Cannes, certes pas un film tous publics, en tout cas un film à voir asurément.
A travers une histoire assez classique formellement parlant le metteur en scène, fidèle à ses thèmes favoris, traite ici la violence sourde et insidieuse, la montée de cette violence dans des âmes prisonnières d'intégrismes religieux ou politiques et sociaux, ces corps étouffants de rigidité moraliste, et démontre l'influence néfaste d'une éducation trop stricte sur des enfants, retournant celle-ci vers des actes terrifiants.
Tout ce qui était absolu est peu à peu vidé de son humanité, et on peut y voir une dénonciation du fascisme et de tous les terrorismes ou oppressions diverses, en effet d'après Haneke une éducation trop stricte, trop puritaine peut être la source du mal en se retournant contre ceux qui les y ont précipité, ce ruban blanc noué au bras des enfants comme pour symboliser leur pureté et leur innocence devient vite symbole d'intégrisme et de rejet de l'autre, différent, physiquement ou socialement, impossible de ne pas y voir ainsi les futurs nazis, soucieux d'établir la "race pure".
Saluons d'abord au plan visuel la magnifique photographie noir et blanc, une image qui colle parfaitement au sujet, le blanc de la pureté enfantine apparente opposé à la noirceur du sujet, les plans sont superbes, les tons chair biens rendus, et cette image noir et blanc donne aussi un côté presque fantastique à une histoire pourtant sans grand suspense apparent, mais d'où se dégage comme un parfum envoûtant et assez inquiétant.
Alors certes le film est très lent, austère, cliniquement glacé parfois, certaines scènes sont un peu difficiles à tenir sur la longueur, il n'y a pas ou peu de sentiments, le coeur ici est sec voir éteint, n'empêche que reste un film d'une beauté certes froide mais très artistique aussi, servi par une interprétation juste, avec ces visages terribles d'implacable austérité, sans sentiments, et que ce soit les enfants ou les adultes, ils sont ici tous parfaits.
Un beau film au sujet assez terrifiant, une histoire de violence sans passion, qui dérange et interroge, interpelle, mais qui est peut-être à l'arrivée finalement trop académique dans sa forme pour nous envoûter totalement.Légère déception donc par rapport au chef d'oeuvre annoncé mais à voir malgré tout.
MICHAEL HANEKE ET L'EQUIPE DU FILM-CANNES 2009-Photos persos-


MA NOTE: 14/20
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