LE SILENCE DE LORNA-La promesse-

Un film des frères Dardenne, c'est toujours un peu la même histoire, âpre, sèche et dramatique, un personnage socialement déréglé, englué dans les difficultés et les malheurs de ce monde, qui se bat contre la société qui le rejette.
Ici c'est une jeune femme d'origine albanaise qui est propulsée par un "souteneur" russe en Belgique afin d'y épouser un junkie, par un mariage blanc qui lui permettra par la suite, après avoir "éliminer" le jeune drogué, d'épouser son "arrangeur".
Sur fond de mafia russe, d'immigration clandestine et de marché de la chair, les deux réalisateurs nous livrent, comme à leur habitude, ce scénario fort humainement parlant, d'une réalité brute, mais sans concession, sans pathos, sans dialogues superflus, et même sans aucune musique d'ailleurs!uniquement la force de l'action, celle de la fuite vers la liberté de cette femme engluée dans la spirale infernale qu'elle prend, son avenir est incertain, elle est sous l'emprise de ces hommes qui la tiennent et l'utilisent comme de la viande sur un marché , elle a la promesse d'un confort matériel certes mais elle sait qu'elle n'est plus une femme, elle est un objet de commerce.
Pourtant elle va vouloir trouver un semblant d'humanité, d'abord par le vrai rapport amoureux et charnel qu'elle a avec le jeune drogué, puis par cette fausse grossesse qu'elle imagine, comme pour redevenir justement une vraie femme comme les autres.
Saluons la force de l'interprétation, avec comme souvent chez les Dardenne, à nouveau une vraie révélation, une inconnue qui s'impose dans un rôle fort, ici Arta Dobroshi, déchirante, intense, à la fois faible et forte, se battant contre tous, mais surtout se battant avec elle-même pour trouver sa liberté de femme, elle est renversante, magnifique!
Et on retrouve aussi l'acteur fétiche des frères Dardenne (ce sont eux qui l'ont révélé), Jérémie Rénier, stupéfiant et teriffiant en jeune drogué paumé et sans avenir, il fait froid dans le dos lorsqu'il apparait, décharné, ses scènes de manque et de désespoir sont terribles à voir.
Au final un nouveau Dardenne fidèle à leurs principes, toujours tragique et implacable, peut-être trop parfois pour émouvoir totalement , mais servi par un bon scénario et une actrice "à vif"!
ARTA DOBROSHI-CANNES 2008-Photo perso-

JEREMIE RENIER-CANNES 2008-Photo perso-


MA NOTE: 15/20
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